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Le président Emmanuel Macron lors de l'inauguration de la Grande Exposition du Fabriqué en France au palais de l'Elysée à Paris le 17 janvier 2020. © Photo News

Des manifestants font fuir Emmanuel Macron d'un théâtre, un journaliste en garde à vue

Mise à jourDes dizaines de manifestants s’étaient rassemblés devant le théâtre des Bouffes du Nord, dans le Xème arrondissement de Paris, vendredi soir, où Emmanuel Macron venait assister à une pièce de théâtre, avec sa femme Brigitte.

Les forces de l’ordre ont tenté de retenir les manifestants mais certains ont réussi à entrer dans le bâtiment, au milieu des chants “Macron, démissionne” et “Nous sommes ici, même si Macron ne veut pas de nous, nous sommes ici”. Alerté par sa sécurité, le président français a d’abord été mis à l’abri, avant de se précipiter hors du théâtre avec son épouse. Une voiture noire est venue à son secours. 

Selon les rapports, Emmanuel Macron assistait à un drame moderniste appelé “La Mouche”. Une personne de son entourage a déclaré: “Le Président continuera de se rendre au théâtre avec son épouse comme il a l’habitude de le faire. Il continuera à protéger la liberté d’expression et de création des artistes menacés par des violences politiques”.

Un journaliste militant en garde à vue

Un militant d’extrême gauche avait diffusé l’emplacement du Président sur les réseaux sociaux. L’incident s’est produit au 44e jour des grèves visant à renverser les plans du gouvernement français pour réformer le système de retraite du pays. Ce vendredi, les manifestants avaient déjà bloqué l’entrée du musée du Louvre et forcé la fermeture du célèbre monument de Paris.

Le journaliste et militant Taha Bouhafs, qui avait signalé sur Twitter la présence d’Emmanuel Macron vendredi dans un théâtre parisien en relayant un appel à perturber la soirée, a été placé en garde à vue dans la nuit, a-t-on appris de source judiciaire.

Le journaliste de 22 ans a été placé en garde à vue pour “participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations”, a précisé cette source. Il avait été interpellé vendredi soir à l’issue de la représentation, brièvement perturbée par une tentative d’intrusion de manifestants dans le théâtre, au 44e jour de grève contre la réforme des retraites.

Avant le début de la représentation, M. Bouhafs avait écrit sur Twitter: “Je suis actuellement au théâtre des bouffes du Nord (Métro La Chapelle). 3 rangées derrière le président de la République. Des militants sont quelque part dans le coin et appelle tout le monde à rappliquer. Quelque chose se prépare... la soirée risque d’être mouvementée”.

M. Bouhafs avait ensuite demandé à ses dizaines de milliers d’abonnés s’il devait ou non lancer ses chaussures sur le président, à l’image du célèbre geste d’un journaliste irakien contre le président américain Georges W. Bush en 2008. “Je plaisante, la sécu me regarde bizarre là”, avait-il ensuite précisé.

L’arrestation de M. Bouhafs, qui filme les mouvements sociaux pour le site d’information Là-bas si j’y suis, a suscité quelques réactions politiques.

“On arrête un journaliste pour avoir tweeté sur la présence du Méprisant au théâtre. Bienvenue en #Macronie”, a réagi sur Twitter la député France Insoumise Danièle Obono.

“Ce qu’il s’est passé aux #BouffesduNord est inacceptable, inadmissible. Lorsqu’on cherche à s’en prendre au président de la République, on cherche à atteindre l’institution. Ne nous habituons pas à ces manifestations de violence à l’encontre de la démocratie”, a rétorqué la députée et porte-parole LREM Célia de Lavergne.

La Contrescarpe, c'était lui

Taha Bouhafs, connu pour avoir filmé Alexandre Benalla en train de violenter un couple place de la Contrescarpe à Paris le 1er mai 2018, avait déjà été placé en garde à vue en juin alors qu’il couvrait une manifestation en banlieue parisienne, s’attirant le soutien d’une partie de la profession. Il doit être jugé le 22 février à Créteil pour “outrage et rébellion”.