Plein écran
© AFP

Des policiers mis en cause dans des violences policières décorés par la France

Des policiers mis en cause dans des violences survenues principalement lors des manifestations de "gilets jaunes" en France figurent sur une liste de quelque 9.000 membres des forces de sécurité qui doivent être décorés d'une médaille de l'Intérieur, a-t-on appris jeudi de sources concordantes, confirmant une information du site français Mediapart.

"Si des décorations ont été attribuées à tort, elles seront retirées", a assuré à l'AFP l'entourage du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Dans un article publié mercredi soir, Mediapart a révélé qu'au moins cinq agents "impliqués dans des enquêtes concernant des violences policières" ont été distingués de la médaille de la sécurité intérieure pour leur engagement dans des opérations d'ordre public, principalement dans le cadre de la mobilisation des "gilets jaunes" débutée le 17 novembre 2018.

Parmi les personnes prochainement médaillées figurent deux commissaires mis en cause dans l'enquête sur les violences subies par Geneviève Legay, une manifestante de 73 ans blessée à Nice en mars lors d'une charge de police contre un rassemblement interdit de "gilets jaunes".

Deux officiers dont les noms figurent dans les enquêtes sur le passage à tabac de "gilets jaunes" dans un fast-food à Paris, et dans le décès d'une octogénaire à Marseille, Zineb Redouane, sont également distingués par la médaille de bronze de la sécurité intérieure.

Retrait de la médaille en cas de condamnation

Le ministère de l'Intérieur a confirmé dans un communiqué que 9.162 noms ont été retenus dans le cadre d'une "promotion exceptionnelle" de la médaille de la sécurité intérieure, intitulée "Engagement exceptionnel des forces de sécurité intérieure 2018-2019".

Celui-ci rappelle que "le retrait de la médaille de la sécurité intérieure peut être prononcé en cas de condamnation définitive pour un crime ou un délit, ou de sanction disciplinaire du récipiendaire". Le code de la sécurité intérieure prévoit également un retrait de la médaille pour "pour un comportement contraire à l'honneur et à la probité".

Dans son communiqué, le ministère de l'Intérieur a rappelé que "les enquêtes disciplinaires ou judiciaires s'effectuent de manière indépendante, à charge et à décharge, et il n'appartient pas à des tiers de désigner nommément des personnels pour des faits qui ne sont pas définitivement établis". 

  1. Un ami sulfureux, un appartement à Paris: ces éléments qui relient Epstein à la France

    Un ami sulfureux, un apparte­ment à Paris: ces éléments qui relient Epstein à la France

    L'affaire Jeffrey Epstein va-t-elle rebondir en France ? Près de deux semaines après le suicide en prison du financier américain accusé d'abus sexuels sur mineures, de nouveaux éléments renforcent l'hypothèse d'un scandale aux ramifications françaises. Saisi fin juillet, le parquet de Paris assure à l'AFP poursuivre ses "vérifications" et "échanges" avec les autorités américaines avant de décider ou non d'ouvrir une enquête. Le nom d’un Français revient régulièrement.