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Des victimes françaises de Jeffrey Epstein? Marlène Schiappa veut une enquête

Deux ministres français ont réclamé lundi l'ouverture d'une enquête en France concernant l'affaire Jeffrey Epstein, financier américain qui s'est suicidé en prison alors qu'il était poursuivi pour agressions sexuelles présumées sur mineures.

“L'enquête américaine a mis en lumière des liens avec la France. Il nous semble ainsi fondamental, pour les victimes, qu'une enquête soit ouverte en France afin que toute la lumière soit faite”, écrivent dans un communiqué les secrétaires d'État Marlène Schiappa (Egalité femmes/hommes) et Adrien Taquet (Protection de l'enfance), sans donner plus de détails à ce stade.

“La mort de M. Epstein ne doit pas priver les victimes de la justice à laquelle elles ont droit: c'est une condition essentielle à leur reconstruction, c'est aussi une condition à une protection plus efficace à l'avenir d'autreS jeunes filles face à ce type de réseaux organisés, face à ce type de prédateurs”, écrivent Mme Schiappa et M. Taquet.

La France concernée ?

Dans une lettre adressée au procureur de la République de Paris et reproduite sur le site du magazine L'Obs, l'association Innocence en danger indique lui avoir adressé un signalement le 23 juillet et souligne que “la France est concernée par ce dossier puisque des investigations menées par le FBI font apparaître plusieurs personnes de nationalité française”.

“Innocence en danger” cite une “source fiable” selon laquelle “plusieurs victimes du réseau prostitutionnel créé par Jeffrey Epstein et ses complices sont également de nationalité française”.

La mort en prison de Jeffrey Epstein, 66 ans, accusé d'avoir fait venir des dizaines de mineures dans ses luxueuses résidences, notamment à New York et en Floride, pour des relations sexuelles forcées, a immédiatement donné lieu à plusieurs théories du complot et à un scandale aux États-Unis, certains croyant plus à un meurtre qu'à un suicide en raison de ses nombreuses connexions dans les cercles du pouvoir.

La ministre de la Justice a tenu à rappeler ce lundi qu’il n’appartenait pas au gouvernement de décider des “poursuites”. “Les poursuites ne sont pas des décisions du gouvernement. Depuis 2013, les instructions individuelles sont prohibées, conformément au principe d’indépendance de l’autorité judiciaire”, a souligné Nicole Belloubet, dans un message transmis à l’AFP. Contacté par l’AFP, le parquet de Paris a fait savoir lundi que “les éléments transmis sont en cours d’analyse et de recoupement”.

“Les premières vérifications sont actuellement en cours afin de déterminer si une enquête doit être ouverte sur le territoire français”, a-t-on précisé.