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Deux étudiants de l'université de Toulon emportés par les eaux

L'université de Toulon était bouleversée samedi par le drame qui a coûté la vie à deux de ses étudiants, emportés vendredi par les eaux dans un canal souterrain sur le campus, où la ministre française de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, est venue dire son émotion.

Le corps du jeune homme porté disparu a été retrouvé dans la matinée dans un ruisseau bordant un golf sur la commune de La Garde (Var), au lendemain de la découverte de celui de sa camarade. L'étudiant, qui avait eu 22 ans vendredi et était originaire de Dijon, selon le préfet du Var, Paul Mourier, a chuté vendredi vers 15h45 dans une canalisation d'évacuation des eaux de 60 cm de diamètre, en contrebas d'un parking de l'université. Il voulait porter secours à une élève de sa promotion (Master 1 de sciences de l'information et de la communication), âgée de 25 ans, dont la famille réside en Côte d'Ivoire. Cette dernière avait glissé sur la chaussée inondée, tombant dans un ruisseau gorgé par de fortes pluies, redevenu un tranquille filet d'eau samedi par un temps ensoleillé.

Acte de courage formidable
Sur les lieux, la ministre a salué "l'acte de courage du jeune homme qui, malheureusement, n'a pas réussi à sauver sa camarade et qui a péri de son acte formidable". Dans un communiqué, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a lui aussi fait part de sa "tristesse" après ce "décès tragique".

Enquête
Mme Fioraso a annoncé avoir "demandé à l'inspection générale de mandater une mission d'enquête", tout en se refusant à polémiquer sur la sécurité en ce jour de deuil. "On voit bien le caractère exceptionnel et difficilement prédictible de cet accident puisque aucune alerte n'avait jamais été donnée sur ce lieu précis", a-t-elle déclaré.

Pas de barrières
Plusieurs élèves s'étonnaient toutefois de l'absence de barrières autour du ruisseau traversant la faculté, où sont accueillis plus de 9.000 étudiants.

Corps à 1,5 kilomètre
Le cadavre du jeune homme a été repéré peu après 9h00 samedi par l'hélicoptère de la Sécurité civile, peu après la reprise des recherches, menées par une quarantaine de sapeurs-pompiers, épaulés par une vingtaine de policiers, le commissariat de Toulon étant en charge de l'enquête. "On est quasiment à 1,5 km du lieu de l'accident, ce qui indique la virulence de la pluie et du torrent ainsi formé", disait le maire de La Garde, Jean-Louis Masson, devant les grilles du golf de Valgarde.

Stoppée par son sac
Le corps de l'étudiante, qui avait été découvert vendredi en début de soirée, "avait été arrêté parce qu'elle avait un sac qui s'était coincé dans un des tuyaux du tunnel", a raconté l'élu.

Cellule psychologique
Parmi les jeunes ayant assisté à la scène, deux autres avaient tenté en vain de porter secours aux victimes. Une cellule psychologique a été mise en place sur le campus où se tiendra lundi un moment de recueillement et d'écoute.

Inondations, coulées de boues et rafales
De fortes pluies s'étaient abattues sur le Var vendredi après-midi, provoquant des inondations localisées et des coulées de boues. Après ces orages, un fort mistral soufflait samedi sur le département, qui devait être placé en alerte orange à partir de 22h00, avec des rafales comprises sur le littoral entre 110 et 130 km/h.

Lourd bilan en 2010
Le Var avait déjà été durement touché par des inondations en juin 2010 qui avaient fait 23 morts et deux disparus entre Draguignan et Fréjus.

Problème à répétition
"Pourquoi y a-t-il encore deux morts?", interrogeait samedi Gérard Luiggi, délégué syndical Force ouvrière (FO) à la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer). "Aujourd'hui, on est incapable de gérer les eaux pluviales, c'est inacceptable", a-t-il déclaré, citant "l'insuffisance des bassins de rétention". "Il est temps qu'on sorte de la compassion et qu'on travaille réellement sur les causes de ces inondations à répétition", a renchéri le conseiller régional (PRG) Joël Canapa, également conseiller municipal de La Garde.