Didier Reynders ne sera pas secrétaire général du Conseil de l’Europe

Mise à jourLa ministre croate des Affaires étrangères Marija Pecjinovic Buric a été élue mercredi soir secrétaire générale du Conseil de l’Europe, au détriment du candidat belge, le vice-Premier ministre Didier Reynders.

Plein écran
Didier Reynders et Marija Pejcinovic Buric © BELGA

Mme Buric a obtenu les voix de 159 membres de l’assemblée parlementaire (APCE), tandis que M. Reynders a rassemblé 105 suffrages, a annoncé la présidente de l’APCE, Liliane Maury Pasquier peu après 20h10. Une cinquantaine de députés n’ont par ailleurs pas pris part au scrutin.

Conseil de l’Europe

Créé en 1949, le Conseil de l’Europe est chargé de défendre les droits de l’homme et la démocratie sur le Vieux continent. Basé à Strasbourg, mais sans lien avec les institutions de l’Union européenne, il réunit 47 États, dont la Russie et la Turquie.

Après avoir manqué un poste de commissaire européen en 2014, Didier Reynders passe une nouvelle fois à côté d’une fonction internationale. Il ne devrait pas s’exprimer devant la presse ce mercredi soir.

Deuxième femme

Marija Pejcinovic Buric, qui succédera au Norvégien Thorbjorn Lagland le 18 septembre, sera la deuxième femme - après la Française Catherine Lalumière de 1989 à 1994 - à occuper le poste de secrétaire générale du Conseil de l’Europe. Elle sera en outre la première personnalité émanant d’un pays d’Europe de l’est à assumer ce rôle.

Soutien du PPE

Lors du vote, elle a vraisemblablement bénéficié d’un large soutien de sa famille politique - le PPE -, la plus importante au sein de l’APCE avec près de 160 sièges. Sa bonne gestion de la présidence croate du Conseil de l’Europe, de mai à novembre 2018, a potentiellement également joué en sa faveur.

“Paix et prospérité”

“Je considère cette organisation comme l’une des plus importantes d’Europe, aujourd’hui plus que jamais. J’espère bénéficier de votre soutien lors de mon mandat afin de promouvoir la paix et la prospérité”, a déclaré Mme Buric dans un court message de remerciements aux membres de l’APCE.

Multilatéralisme

La ministre croate a ensuite insisté sur l’importance du multilatéralisme, dont le “Conseil de l’Europe constitue l’un des piliers” sur le continent. Au cours des cinq prochaines années, elle aura fort à faire pour rendre son sens à la plus large des organisations paneuropéennes, frappée depuis quelques années par des crises multiples.

Didier Reynders, bon perdant

Peu après l’annonce du résultat, Didier Reynders a adressé ses félicitations à son adversaire et lui a souhaité “plein succès”, dans un message posté sur Twitter. Le chef de la diplomatie a en outre remercié les parlementaires belges du Conseil de l’Europe pour leur soutien, ainsi que les équipes “qui l’ont aidé à mener une bonne campagne”.

Mission d’informateur

Dès jeudi, il devrait reprendre sa mission d’information royale avec le socialiste flamand Johan Vande Lanotte, qu’il avait temporairement interrompue pour faire campagne à Strasbourg. Les deux hommes sont attendus lundi au Palais pour faire rapport au Roi. M. Reynders restera également vice-premier ministre, ministre des Affaires étrangères et de la Défense au sein du gouvernement démissionnaire de Charles Michel.

Tout s’explique ...

Plusieurs motifs expliquent cette défaite du chef de la diplomatie belge, selon ces députés: le soutien du camp conservateur à Mme Buric, un effet “eurovision” - soit le soutien des pays proches de la Croatie -, le fait que ce poste ait été quasi-exclusivement occupé par des hommes depuis sa création, etc.

À entendre la députée écologiste, interrogée sur La Première, M. Reynders a perdu une partie du soutien qui lui paraissait acquis dans les dernières semaines, notamment dans les rangs socialistes et écologistes. Le ministre belge s’est peut-être montré trop sûr de lui, a-t-elle expliqué.

“Une personnalité forte”

Le retour des Russes dans l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe n’a manifestement pas joué en faveur du candidat libéral. “C’est la figure de Didier Reynders, une personnalité forte et compétente, qui a peut-être effrayé certains”, a souligné Mme De Sutter. “On a entendu que certaines délégations, les Russes notamment, préféraient un secrétaire général avec une personnalité moins forte et moins compétente que M. Reynders. C’est une évolution que l’on remarque en Europe: certains pays, certains partis trouvent que l’on a besoin d’un peu moins d’Europe et de droits de l’homme, que c’est le passé et qu’on peut passer à autre chose”.

“Certains préfèrent quelqu’un sur qui on peut exercer son influence. Et Didier Reynders est vu comme une personne qui veut tracer sa propre ligne et sur qui on n’a pas d’influence”, a dit M. Daems, interrogé sur la VRT.

Plein écran
© BELGA
Plein écran
© EPA