Dix morts et 36 blessés dans un incendie à Paris: une habitante à l'infirmerie psychiatrique

VideoDix personnes sont mortes et plus d'une trentaine ont été blessées dans un incendie d'une "incroyable violence", selon les pompiers, qui a ravagé un immeuble d'habitation du 16e arrondissement de Paris dans la nuit de lundi à mardi. Le sinistre serait d'origine criminelle, selon les premiers éléments d'enquête.

Il a fallu plus de cinq heures aux pompiers pour maîtriser l'incendie le plus meurtrier à Paris depuis près de 14 ans. On dénombre également 37 blessés, dont huit pompiers. Plus d'une cinquantaine de personnes ont dû être évacuées en urgence, à l'aide de grandes échelles notamment.

Arrivé sur place au petit matin, le procureur de la République de Paris Rémy Heitz a annoncé sur place qu'une habitante de l'immeuble avait été interpellée et placée en garde à vue pour "destruction volontaire par incendie ayant entraîné la mort". L'enquête a été confiée à la police judiciaire, a annoncé le parquet de Paris.

Un bilan provisoire
Le bilan restait provisoire, d'après les pompiers qui ont découvert en fin de matinée un dixième corps "carbonisé" dans les décombres. Une personne est encore en état d'urgence absolue.

Les pompiers continuaient d'inspecter l'immeuble en fin de matinée car ils craignaient une reprise de feu et un effondrement des derniers étages. Au total, quelque 200 pompiers sur place ont participé aux opérations.

Les mots de Macron
"La France se réveille dans l'émotion après l'incendie rue Erlanger à Paris cette nuit. Pensées pour les victimes. Merci aux pompiers dont le courage a permis de sauver de nombreuses vies", a réagi Emmanuel Macron sur son compte Twitter, alors qu'une habitante, présentant des "antécédents psychiatriques", a été placée en garde à vue dans l'enquête.

L'incendie s'est déroulée au 17 bis rue Erlanger, dans le 16e arrondissement de Paris. Un numéro d'information vient d'être mis en place par la mairie de Paris : 08.05.20.04.50.

"Le bilan est terrible"

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Paris est en deuil ce matin", "le bilan est terrible", a réagi dans un tweet la maire de Paris Anne Hidalgo, qui se rendra sur les lieux "en tout début de matinée".

Une "scène d'une incroyable violence"
Le feu a démarré vers 1h00 du matin selon les pompiers qui évoquent une "scène d'une incroyable violence". Plus d'une cinquantaine de personnes ont dû être évacuées en urgence, à l'aide de grandes échelles notamment. Certains habitants de cet immeuble des années 70, comptant huit étages et situé dans le 16e arrondissement (sud-ouest de la capitale française), se sont réfugiés sur le toit pour échapper aux flammes, alors que de nombreux résidents ont appelé au secours depuis leurs fenêtres.

Deux immeubles adjacents ont également été évacués par mesure de précaution et des responsables de la mairie du 16e arrondissement étaient sur place dans la nuit pour trouver des solutions de relogement. Plusieurs rues de ce quartier chic de Paris situé à la lisière du bois de Boulogne, étaient bloquées par des dizaines de voiture de police et de camions de pompiers.

Au total, quelque 200 pompiers sur place ont participé aux opérations.

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La femme interpellée présentait des "antécédents psychiatriques" 
Le procureur de la République de Paris Rémy Heitz a d'abord annoncé le placement en garde à vue d'une habitante de l'immeuble, situé dans le 16e arrondissement. Elle présente des "antécédents psychiatriques", a poursuivi le procureur. Selon le parquet de Paris, les premiers éléments de l'enquête tendent à privilégier la piste criminelle.

La garde à vue a été levée. La femme soupçonnée d'être à l'origine du drame a subi des examens médicaux, avant d'être admise à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police.

La femme, âgée d'une quarantaine d'années, a été "arrêtée en état d'alcoolémie alors qu'elle tentait de mettre le feu à une voiture", a indiqué à l'AFP une source policière. En conflit récurrent avec son voisin pompier, elle s'était disputée avec lui dans la soirée et la police s'était déplacée pour un trouble de voisinage, a indiqué une autre source policière. Une enquête a été ouverte pour "destruction volontaire par incendie ayant entraîné la mort" et confiée à la police judiciaire.

Le groupe LCI rapporte que la police est intervenue peu de temps avant l'incendie car un voisin s'était plaint du "comportement agité" de la femme actuellement en garde à vue et de ses hurlements.