Emmanuel Macron
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Emmanuel Macron © AFP

Droite et extrême droite reprochent à Macron de ne pas trancher sur le voile

Mise à jour“Il s’en lave les mains”: Marine Le Pen a reproché vendredi à Emmanuel Macron de ne pas répondre à la question du voile, et le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau l’a accusé de “renoncement”.

“Le port du voile dans l’espace public n’est pas mon affaire. Dans les services publics, à l’école, c’est mon affaire”, a déclaré le chef de l'État lors d’une visite à La Réunion, en s’en prenant aussi avec virulence au “communautarisme” et au voile “instrument de revendication et de séparatisme” dans “certains quartiers”.

Le président Emmanuel Macron, “c’est Ponce Pilate, il répond: ‘Je m’en lave les mains’”, a estimé vendredi matin sur France 2 la présidente du Rassemblement national, qui veut interdire le voile dans tout l’espace public.

M. Macron “n’est pas chef des services publics, il est président de la République. Il est garant de la préservation de la laïcité qui est (...) un trésor français. Et dans le même temps il vient dire: ‘il y a des quartiers entiers, il y a un islam politique qui, au travers du communautarisme, cherche à faire sécession avec la République’. Et à cela qu’est-ce qu’il apporte comme réponse? Rien, je m’en lave les mains”, a accusé la dirigeante d’extrême droite.

“Le voile est une arme utilisée par l’islam politique pour aller à l’encontre de tout ce à quoi nous croyons: la laïcité, la liberté, l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est une gigantesque régression à laquelle le président Emmanuel Macron oblige les Français à se soumettre”, a ajouté la finaliste de la présidentielle en 2017.

“Il y a 30 ans les seules femmes qui portaient le voile c’était les vieilles Algériennes. Aujourd’hui, ça a changé de nature, sous la pression des Frères musulmans qui cherchent à voiler les femmes partout dans le monde”, selon Marine Le Pen.

Marine Le Pen, présidente du RN.
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Marine Le Pen, présidente du RN. © Photo News

Un “renoncement à défendre les valeurs françaises”

Pour le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau, la déclaration d’Emmanuel Macron s’apparente à un “renoncement”. Son parti propose un texte pour interdire le port du voile lors des sorties scolaires qui sera examiné mardi au Sénat. Bruno Retailleau veut aussi supprimer les aides sociales pour les femmes qui portent le voile intégral.

“Il ne sert à rien de déplorer une dérive communautariste si c’est aussitôt pour renoncer à lutter contre l’islam politique et se borner à rappeler des généralités”, a déploré dans un communiqué le sénateur de Vendée. “Ce qu’a dit Emmanuel Macron hier, ou plutôt ce qu’il n’a pas dit, est grave car il ne s’agit ni plus ni moins que d’un renoncement à défendre les valeurs françaises dont nous avons pourtant tout lieu d’être fier”.

Le président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, Gilles Le Gendre, a lui estimé que “les bonnes réponses ne consistent pas à réinventer la laïcité”.

“Nous sommes en train, le groupe parlementaire et LREM, d’organiser une démarche coordonnée pour clarifier ces notions” de laïcité et de communautarisme pour “envisager les bonnes réponses”, a-t-il poursuivi sans plus de précisions.