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Emmanuel Macron "n'a d'autre choix que de dissoudre l'Assemblée nationale", a estimé dimanche soir Marine Le Pen © AP

Élections européennes: le Rassemblement National de Marine Le Pen annoncé en tête en France

européennesEn France, le Rassemblement National de Marine Le Pen avec pour tête de liste Jordan Bardella arrive en tête des élections européennes, avec 23% à 24,2% des voix, devant La République en Marche du président Emmanuel Macron, 21,9% à 22,5%, selon les estimations de quatre instituts dimanche soir. La liste Jadot (écologiste-EELV) crée la surprise en 3e position avec entre 12,5 et 13% des voix. Les Républicains obtiennent entre 8 et 9%. Les PS/Place publique et LFI sont au coude-à-coude entre 6,2% et 7%. Les autres listes n’obtiendraient pas d’élus.

Les estimations sont réalisées par Ifop-Fiducial (pour CNews, Sud Radio et Paris Match), par Ipsos Sopra Steria (Radio France, France Télévisions), l’institut Elabe (pour BFMTV) et Harris Interactive/Epoka (pour TF1, LCI, RTL, Le Figaro).

Sur les 79 sièges dévolus à la France au Parlement européen, le RN obtiendrait entre 22 et 24 sièges, LREM/MoDem 21 à 23, EELV 12 à 13, LR 8 à 9, PS-Place Publique et LFI 6 à 7 sièges chacun.

L’entourage du chef de l’Etat a défendu un “score honorable”. Emmanuel Macron compte “intensifier l’acte 2 de son quinquennat” et ne fera “pas de changement de cap”, a indiqué l’Elysée. Mais pour Marine Le Pen, le président “n’a d’autre choix que de dissoudre l’Assemblée nationale”. “Le pouvoir en place essuie un véritable échec. Ce soir c’est lui et sa politique qui sont rejetés”, a fustigé M. Bardella.

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“Compte-te­nu du désaveu démocratique que le pouvoir subit ce soir, il appartien­dra au président de la République d'en tirer les conséquences, lui qui a mis son crédit présidentiel dans ce scrutin en en faisant un référendum sur sa politique, et même sur sa personne. Emmanuel Macron n'a d'autre choix au minimum que de dissoudre l'Assemblée nationale en faisant le choix d'un mode de scrutin plus démocratique et enfin représentatif de l’opinion réelle du pays.”

Marine Le Pen, présidente du RN

Un nombre record de 34 listes, dont deux listes issues des “gilets jaunes”, concouraient à cette élection qui renouait avec une circonscription nationale unique.

Après six mois de crise des “gilets jaunes”, la deuxième place de la liste Renaissance (LREM-Modem-Agir...) constitue un nouveau revers pour l’exécutif d’Emmanuel Macron et de son Premier ministre Edouard Philippe, qui s’étaient tous deux activement impliqués dans la campagne. Même si la majorité semble limiter les dégâts au vu des premières estimations. Le chef de l’Etat avait affirmé le 9 mai qu’il allait “mettre toute (son) énergie pour que le RN ne soit pas en tête”. Le Premier ministre a pour sa part écumé une dizaine de meetings depuis début mai.

Depuis les premières élections européennes de 1979, la liste soutenue par le chef de l’Etat ne l’a emporté qu’à deux reprises (1979 sous Giscard D’Estaing et 2009 sous Nicolas Sarkozy). Sinon, elle a systématiquement été battue. La liste Renaissance évite toutefois les récentes déroutes de partis au pouvoir, comme le PS de 2014 (14%).

Marine Le Pen avait fait de ce scrutin un référendum anti-Macron. “Du vote de dimanche dépend tout le reste du quinquennat”, a-t-elle lancé vendredi lors du dernier meeting, en lançant un appel large aux électeurs de droite, LR et DLF, et de la France insoumise pour les inciter à voter “utile” contre le chef de l’Etat.

Emmanuel Macron est rentré en fin d’après-midi à l’Elysée après avoir voté à la mairie du Touquet à la mi-journée. Marine Le Pen a voté dans son fief de Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). Elle devrait rapidement s’exprimer après une première réaction de Jordan Bardella.

La participation, au-delà des 50%, s’annonce comme la plus forte pour un scrutin européen depuis un quart de siècle (52,7% en 1994), voire depuis 35 ans (56,7%) en 1984, rompant avec l’érosion du vote lors des récents scrutins européens. A 17H00, la participation s’élevait à 43,29%, en hausse de huit points par rapport à 2014 (35,07%), selon le ministère de l’Intérieur. Ce taux est déjà supérieur à la participation finale d’il y a cinq ans, qui s’élevait à 42,4% pour la France entière.

Près de 47 millions d’électeurs étaient appelés à désigner les 79 eurodéputés français, soit cinq de plus qu’en 2014, après la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne. Les cinq derniers élus devront toutefois attendre que le Brexit soit effectif pour siéger.

Droite et gauche se partagent le pouvoir de manière quasi ininterrompue depuis 1979 au Parlement de Strasbourg.

Partout dans l’Union européenne, les résultats officiels ne seront publiés qu’à 23H00, heure de clôture du scrutin en Italie.

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“Emmanuel Macron prend une claque ce soir de la part des Français.”

Sébastien Chenu, porte-parole du RN
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Le président Macron votant dimanche au Touquet © AFP