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Vincent Lambert en septembre 2013. © AFP

Emmanuel Macron estime que la décision concernant Vincent Lambert “ne lui appartient pas”

MISE A JOURCe samedi, les parents avaient exhorté dans une lettre ouverte le président Emmanuel Macron à intervenir pour le maintien des traitements. Le président de la Répulique a réagi à ce sujet dans un long message via ses réseaux sociaux. Il ne veut pas s’”immiscer dans la décision qui relève de l’appréciation de ses médecins et qui est en conformité avec nos lois.”

Dimanche, les parents avaient multiplié les initiatives pour stopper l’arrêt des soins de Vincent Lambert. Outre les nouveaux recours, leurs avocats ont également réclamé la radiation et des poursuites à l’encontre du docteur Vincent Sanchez, qui dirige le service des soins palliatifs et l’unité “cérébrolésés” de l’hôpital Sébastopol de Reims (nord-est) où M. Lambert est hospitalisé sous haute sécurité.

Une manifestation a également été organisée devant l’hôpital, où une centaine de personnes ont scandé “Vincent n’est pas en fin de vie” et dénoncé, à l’instar de Viviane Lambert, sa mère, “une euthanasie déguisée”.

Dans leur demande au président de la Rpéublique, ils s’appuient notamment sur une demande vendredi d’un organisme de l’ONU, le Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH), demandant de nouveau à la France de ne pas suspendre les soins dans l’attente de l’examen du dossier sur le fond.

Le président de la République française a répondu avec un message sur les réseaux sociaux ce lundi en fin d’après-midi. Emmanuel Macron ne veut pas interférer dans les décisions qui ont été prises: “Aujourd’hui, comme Président de la République, il ne m’appartient pas de suspendre une décision qui relève de l’appréciation de ses médecins et qui est en conformité avec nos lois.”

La CEDH rejette la requête des parents

La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a rejeté lundi la requête des parents du Français Vincent Lambert qui lui avait demandé de suspendre le processus d’arrêt des traitements de leur fils faute d’”élément nouveau”, a indiqué la Cour dans un communiqué. “La Cour indique qu’aucun élément nouveau de nature à lui faire adopter une position différente ne lui a été présenté par les requérants”, a-t-elle précisé.

La CEDH, qui siège à Strasbourg, rappelle qu’elle avait déjà conclu en 2015 qu’arrêter l’alimentation et l’hydratation artificielles de ce Français tétraplégique, en état végétatif à la suite d’un accident de la route, ne porterait pas atteinte au principe du droit à la vie, garanti par la Convention européenne des droits de l’homme.

L’arrêt des soins a commencé lundi matin pour Vincent Lambert, un patient en état végétatif depuis plus de 10 ans, devenu le symbole du débat en France sur la fin de vie, a-t-on appris auprès de l’avocat des parents et de source familiale.

Validée par le Conseil d’Etat fin avril, l’interruption des soins prévoit, selon une source médicale, l’arrêt des machines à hydrater et alimenter ainsi qu’une sédation “contrôlée, profonde et continue” de cet homme aujourd’hui âgé de 42 ans, ainsi qu’une prise d’analgésiques “par précaution”.

Le pape appelle à “protéger la vie” 

Le pape a appelé lundi dans un tweet à protéger la vie “du début à la fin naturelle”, un message que son porte-parole a partagé en appelant explicitement à prier pour le Français Vincent Lambert.

“Prions pour ceux qui vivent dans un état de grave handicap. Protégeons toujours la vie, don de Dieu, du début à la fin naturelle. Ne cédons pas à la culture du déchet”, a écrit le pape François dans un message publié sur tous ses comptes Twitter de différentes langues.

Mais l'éprouvante bataille juridique et morale qu'est devenue "l'affaire Lambert" n'est pas terminée. Farouchement opposés à l'arrêt des soins, ses parents ont annoncé dimanche qu'ils allaient effectuer de "nouveaux recours", sans plus de précisions. Il s'agirait de la quatrième procédure en six ans dans cette affaire qui déchire la famille de Vincent Lambert, tétraplégique et plongé dans un état végétatif depuis un accident de la route en septembre 2008.

Citation

C’est des monstres! Des monstres! C’est des nazis!

Viviane Lambert, Mère de Vincent Lambert

“C’est des monstres! Des monstres! C’est des nazis!”, a lancé en larmes depuis une voiture Viviane Lambert, la mère de Vincent, en passant devant le CHU de Reims ce lundi matin. “On va balancer les vidéos! Je veux voir mon fils tant qu’il n’est pas encore trop endormi”, a-t-elle aussi crié.

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Viviane et Pierre Lambert, les parents de Vincent Lambert, en 2015. © AP

Face à ceux qui s'opposent à l'arrêt des soins, la femme de Vincent Lambert, Rachel - qui s'exprime très rarement - son neveu François et cinq frères et soeurs du patient, dénoncent depuis des années un acharnement thérapeutique. Le patient, ancien infirmier, n'a pas laissé de directives anticipées. Son épouse et son neveu affirment qu'il avait pris position contre tout acharnement thérapeutique.

Une tragédie intime déballée sur la place publique

L'arrêt des soins de Vincent Lambert s'inscrit bien "dans le cadre de la loi", a estimé dimanche Jean Léonetti, père de la loi régissant la fin de vie en France. Il a également estimé que cette décision est "d'autant plus douloureuse" pour les parents "qu'elle est tardive".

Tragédie intime à l'origine, cette affaire déballée sur la place publique est devenue depuis des années le symbole du débat sur la fin de vie et a donné lieu dimanche à des interventions politiques et religieuses.

François-Xavier Bellamy, tête de liste de l'opposition de droite aux élections européennes, a demandé "du temps" et appelé le président Macron à intervenir. "Le président de la République ne veut pas aller à l'encontre de décisions de justice", a réagi Nathalie Loiseau, tête de liste de la majorité aux européennes.

Samedi, la Conférence des évêques était également intervenue sur le dossier Vincent Lambert pour s'interroger sur la "précipitation pour le conduire vers la mort".

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