Les patients arrivent à l'hôpital Pasteur à Nice, le 20 mars 2020
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Les patients arrivent à l'hôpital Pasteur à Nice, le 20 mars 2020 © Photo News

En France, “on attend la vague de cas graves, en craignant le tsunami”

La prolongation du confinement en France, décrété jusqu'à fin mars, "n'a pas été actée", selon le ministre de l’Intérieur français Christophe Castaner. Mais tout laisse penser qu'elle le sera tôt ou tard, comme en Italie, qui enregistre le plus de décès au monde (plus de 4.000, devant la Chine). La France attend surtout “la” vague qui changera la donne.

Le confinement pourra cesser "quand le virus ne circulera plus", a jugé Olivier Véran, le ministre français de la Santé, estimant le nombre de malades en France à 20.000. La majorité d'entre eux ne sont pas testés, donc pas détectés.

“Aussi des adultes jeunes”

L'épidémie avait causé vendredi la mort de 450 patients (78 supplémentaires en 24 heures) et entraîné l'hospitalisation de 5.226 malades, dont près de 1.300 en réanimation, selon le ministère de la Santé. Près de 1.600 patients ont quitté les hôpitaux, guéris.

"La moitié des patients en réanimation ont moins de 60 ans", a rappelé Jérôme Salomon, qui a prévenu, en écho à l'Organisation mondiale de la santé, que l'épidémie touche aussi des "adultes jeunes".

La région Nouvelle-Aquitaine devient la septième région la plus touchée - après le Grand Est, la Corse, l'Ile-de-France, les Hauts-de-France, la Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône Alpes. "Face à l'urgence et à l'ampleur de l'épidémie", notamment en Ile-de-France, les hôpitaux de Paris (AP-HP) lancent un appel pressant aux "professionnels médicaux et paramédicaux disponibles dans les semaines à venir pour renforcer les équipes de ses 39 hôpitaux." 

"On attend la vague de patients graves en espérant que ce ne sera pas un tsunami", écrit le Dr Laurent Thines, neurologue du CHU de Besançon dans Mediapart.

Recrudescence de l’anosmie

Outre la mise en place imminente d'un hôpital militaire près de Mulhouse (Haut-Rhin), la marine nationale va évacuer ce week-end des patients de Corse vers le continent. Le Pr Salomon a pour sa part évoqué "une recrudescence des cas d'anosmie", signalée par les ORL en lien avec le virus. Il s'agit d'une "disparition brutale de l'odorat sans obstruction nasale et qui peut survenir de façon isolée", qui nécessite d'appeler son médecin traitant pour éviter toute automédication.

Sur le sujet sensible des masques, alloués en priorité aux soignants mais que de nombreuses professions au contact du public réclament, le gouvernement a reconnu des "difficultés logistiques". Un collectif de personnalités, dont l'épidémiologiste Catherine Hill, appelle le gouvernement à "organiser la production de masques" et à "tester et isoler les personnes contaminées".

Le Parlement a adopté définitivement vendredi le volet financier des mesures d'urgence face au coronavirus, mais les débats se sont éternisés à l'Assemblée sur l'autre texte permettant d'instaurer un état d'urgence sanitaire, repoussant son adoption au week-end.

Prime pour “ceux qui ont eu le courage d’aller travailler”

Combiné au projet de loi d'urgence voté en première lecture au Sénat et qui sera examiné samedi par l'Assemblée nationale, le texte prévoit 45 milliards d'euros pour aider les entreprises en difficulté et de financer le chômage partiel des salariés. 

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a appelé les entreprises à verser une prime défiscalisée à leurs salariés, notamment à ceux qui "ont eu le courage de se rendre sur leur lieu de travail" dans les secteurs essentiels. La France s'emploie par ailleurs à organiser le retour d'environ 130.000 ressortissants bloqués à l'étranger, en général pour des vacances.

Après les désormais traditionnels applaudissements qui résonnent à 20 heures partout en France pour remercier le personnel soignant, des Français ont organisé un apéro à leurs fenêtres pour "combattre la routine" de l'isolement.

  1. Le dérapage du préfet de police de Paris: “Les patients en réanimation n’ont pas respecté le confinement”
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    Le dérapage du préfet de police de Paris: “Les patients en réanimati­on n’ont pas respecté le confine­ment”

    Ce vendredi, le préfet de police de Paris a tenu un point presse à l’aube du début des vacances de Pâques. Mais lors de son intervention, Didier Lallement a tenu des propos chocs en estimant que les personnes hospitalisées en réanimation aujourd'hui étaient celles qui n’avaient pas respecté le confinement. Quelques heures plus tard, face à la polémique, il a regretté ses propos dans un communiqué.