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Salah Abdeslam est incarcéré à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne). © AFP/Belga

En prison, Salah Abdeslam correspond par lettres avec plusieurs femmes

Le Parisien a enquêté sur les conditions de détention de Salah Abdeslam à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne).

À quoi ressemble le quotidien en prison du dernier assaillant encore en vie des attentats du 13 novembre à Paris? Toujours muré dans le silence devant les enquêteurs, Salah Abdeslam est incarcéré depuis trois ans et demi. Même s’il vit dans des conditions carcérales très dures, quasi totalement isolé et surveillé constamment, le prisonnier n’est pas entièrement coupé du monde. Il reçoit effectivement des lettres d’au moins quatre femmes, dont une venant d’Allemagne.

Avec sa correspondante la plus régulière, il entretient de longs échanges d’ordre théologique depuis plus de deux ans. Maëva, domiciliée dans le Tarn-et-Garonne en France, se présente comme “proche de la mouvance islamiste radicale”. La jeune femme de 20 ans a même demandé à rendre visite à Salah Abdeslam pour “lui apporter un soutien moral et entretenir les liens qui les unissent dans cette épreuve”.

“J’ai besoin qu’on me retire les caméras”

Salah Abdeslam avait appuyé la requête tout comme ses parents. Mais le magistrat instructeur avait refusé. “ Ces courriers témoignent du charisme gagné par Salah Abdeslam auprès d’une communauté islamiste radicale féminine”, écrivent les policiers de la DGSI dans un rapport.

L’assaillant des attentats du 13 novembre est sujet aux sautes d’humeur. Le ton est monté plusieurs fois avec des gardiens. “Pourquoi tu me regardes comme ça, espèce de minus? Moi, je suis musulman, vous, vous êtes des mécréants, vous êtes des chiens, le jour où ça va changer vous allez m’embrasser les pieds”, a-t-il lancé à l’un. “Je ne parle pas aux singes”, a-t-il dérapé devant un autre surveillant noir de peau.

“À être surveillé 24 sur 24, je ne suis pas bien. J’ai des procès qui vont arriver, il faudrait que je sois dans un état souverain […] J’ai besoin qu’on me retire les caméras, c’est tout”, a-t-il dénoncé en avril 2018.