Enfin des larmes de joie dans un hôpital italien: pour la première fois, une patiente s’est réveillée

Après un marathon de journées où les mauvaises nouvelles ne faisaient que s’enchaîner, l’hôpital italien de Cremona, près de Milan, entrevoit une lueur d’espoir. Margherita, qui était en soins intensifs suite à ses complications du coronavirus, s’est réveillée aux soins intensifs. Une première. “Voir un patient qui n’est plus intubé et constater qu’il respire seul, c’est une émotion indescriptible”, explique Carla Maestrini, chef de service à Cremona. 

Margherita, 52 ans, est la première patiente des soins intensifs de Cremona à s'être réveillée
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Margherita, 52 ans, est la première patiente des soins intensifs de Cremona à s'être réveillée © DR

Ce sont les terribles images des soins intensifs surchargés du même hôpital de Cremona, avec ses patients alignés et en détresse, qui avaient fait le tour du monde et ébranlé les consciences la semaine dernière. On y voyait aussi des médecins et infirmiers protégés des pieds à la tête pour les soigner et des patients couchés sur le ventre et reliés à des machines. La réalité était encore plus dure que les images pour le personnel médical de l’hôpital car malgré ses efforts effrénés, pas un seul patient ne s’était encore réveillé dans l’unité des soins intensifs. Jusqu’à ce samedi: un petit miracle qui redonne du sens à la lutte pour les soignants.

Les images des patients allongés sur le ventre et reliés à des machines avaient terrifié le monde entier
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Les images des patients allongés sur le ventre et reliés à des machines avaient terrifié le monde entier © via REUTERS

Dans cette clinique où le rythme de travail est difficilement supportable et où on a encore à peine le temps d’échanger trois mots, une bonne nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre: “Margherita, 52 ans, est réveillée”. 

“Nous avons donc accompli quelque chose de positif”

“Cela s’est passé comme ça: une médecin m’a appelée. Elle m’a demandé de la suivre. Elle m’a emmenée dans une salle des soins intensifs. Là, j’ai vu une patiente qui n’était plus intubée. Puis j’ai vu de mes propres yeux comment elle respirait d’elle-même sans assistance. Ce fut une sensation indescriptible. Ce n’était pas encore arrivé une seule fois ici depuis l’épidémie du coronavirus. Nous n’avions pas encore une seule fois vu quelqu’un se réveiller chez nous et c’est un fait qui vous ronge et vous détruit de l’intérieur, et que vous ramenez avec vous chaque soir à la maison. Mais cette fois, nous avons pu pleurer d’émotion et de joie. Cela signifie que nous avons bel et bien accompli quelque chose de positif”, soupire Carla Maestrini, chef de service des soins intensifs. 

Archives: solidaires, les infirmiers de Cremona forment des cœurs avec les doigts au début de leur shift pénible
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Archives: solidaires, les infirmiers de Cremona forment des cœurs avec les doigts au début de leur shift pénible © AFP

Si la guerre n’est pas gagnée, cette toute première victoire a en tout cas redonné du courage aux médecins chargés des “patients corona”. “Margherita nous a surpris de par son évolution rapide et sa capacité à déjà respirer seule”, commente Antonio Coluccello, chef du service réanimation. “Cela exige beaucoup de patience et de persévérance. Nous restons prudents, mais ce sont de bonnes nouvelles”, a-t-il résumé. 

Le réveil de la quinquagénaire a aussitôt fait le tour de l’hôpital et est accueilli comme une fête qu'on n’espérait plus alors que le bilan mortel de la pandémie ne cesse de s’alourdir en Italie depuis début février, avec 5.476 morts pour 59.138 cas recensés. L’unité de soins intensifs est toujours surchargée, mais cet espoir remotive les troupes dépitées. 

“Un rêve”

Quant à Margherita, elle a déjà pu partager quelques impressions sur sa prise en charge et le début de son calvaire: “Je me souviens parfaitement d’avoir été totalement terrifiée. J’ai entendu le médecin dire qu’il fallait m’intuber. Quand j’ai fermé les yeux, j’ai ressenti la peur. J’ai pensé à ma famille. J’ai ressenti l’angoisse de ne pas m’en sortir. Celle de mourir. Et puis tout est devenu noir”, raconte-t-elle. 

La patiente n’est évidemment pas encore en grande forme et est encore un peu confuse sur son lit d'hôpital, mais elle a pu quitter les soins intensifs, laissant la place à un autre malheureux élu. Mais Margherita est heureuse, et prononce quelques mots. Elle évoque notamment “un rêve” et le fait que “le pire est désormais passé”. 

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