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Manuel Valls. © EPA

Entre Manuel Valls et son parti, c’est fini

espagneLes libéraux espagnols de Ciudadanos qui se présentaient comme centristes ont choisi de mettre le cap à droite toute, quitte à accepter le soutien de l'extrême droite de Vox. Un pari risqué sur la scène nationale et européenne qui a conduit à la fin de la collaboration entre Manuel Valls et le parti. 

La formation d'Albert Rivera était entrée en force au parlement espagnol en 2015 avec une volonté de dépasser le clivage droite-gauche. Après avoir tenté une alliance avec le socialiste Pedro Sanchez en 2016 pour le porter au pouvoir, elle avait finalement soutenu quelques mois plus tard le conservateur Mariano Rajoy.

Mais les législatives de la fin avril ont marqué un changement stratégique radical. Car Ciudadanos -- dont le nombre de sièges a presque doublé au parlement (de 32 à 57) au détriment du Parti populaire (PP, droite) -- fait le pari de progresser aux dépens du plus faible. Soit le PP.

“De l’opportunisme à l’état pur”

"C'est de l'opportunisme à l'état pur", estime Cristina Monge, politologue à l'université de Saragosse, Ciudadanos étant conscient qu'il est "très compliqué d'aller piquer des voix au Parti socialiste", qui a remporté haut la main les législatives puis les européennes fin mai.

"Convaincu que le PP va effectuer une traversée du désert, Ciudadanos veut devenir leader de la droite. Et pour y parvenir, il ne peut pas faire d'alliance avec la gauche. A aucun moment", ajoute-t-elle.

Les libéraux ont écarté d'avance et sans ambiguïté de s'allier avec Pedro Sanchez pour former une majorité de gouvernement ou de s'abstenir lors du vote d'investiture pour faciliter la reconduction du socialiste au pouvoir.

Ciudadanos n'a en revanche pas de complexes à former des majorités sur le plan local, suite aux scrutins locaux de la fin mai, avec le PP, même quand le soutien de Vox est indispensable.

Mise en garde de l’Emmanuel Macron

Comme cela fut le cas en janvier en Andalousie (sud), où une alliance PP-Ciudadanos-Vox a chassé les socialistes de leur fief historique, le parti d'extrême droite a permis samedi au PP, main dans la main avec Ciudadanos, de reprendre la mairie de Madrid à la gauche.

Au niveau des régions, dotées de larges compétences, ce scénario devrait se répéter à Madrid et en Murcie (sud-est).

Ciudadanos se défend en assurant n'avoir scellé aucun accord avec Vox, les négociations avec la formation ultranationaliste étant assurées par le PP.

Ce virage à droite a suscité la mise en garde d'Emmanuel Macron alors que Ciudadanos doit siéger au Parlement européen aux côtés des élus du parti du président français, principale délégation du groupe centriste "Renew Europe".

"Une plateforme commune entre Ciudadanos et l'extrême droite remettrait en question la coopération politique pour construire un groupe centriste rénové au sein de l'Union européenne", a averti l'Elysée.

Un vote de Manuel Valls synonyme de rupture

Soutenu par Ciudadanos dans sa course à la mairie de Barcelone, Manuel Valls s'est lui démarqué publiquement de Ciudadanos, en affirmant que "toute alliance avec Vox pour conquérir une région ou une grande ville" signerait sa "rupture totale et définitive" avec les libéraux.

En fait, ce sont eux qui ont pris l'initiative de la rupture lundi après que l'ancien Premier ministre français a permis avec son vote la réélection de la maire de gauche de Barcelone pour faire barrage au candidat indépendantiste catalan, malgré l'avis contraire du parti qui trouve la maire Ada Colau trop proche des positions séparatistes.

 Les électeurs de Ciudadanos opposés à son virage à droite

Pour le politologue Pablo Simon, de l'université Carlos III de Madrid, la stratégie de Ciudadanos pourrait avoir un "coût électoral certain (...) car une partie de son électorat ne comprend pas ce type d'alliances" avec Vox.

Selon un sondage publié lundi par le média en ligne El Español, les électeurs de Ciudadanos semblent en effet être opposés à son virage à droite, plus de 80% d'entre eux étant pour faciliter l'investiture de Pedro Sanchez.

"Le pari est très risqué", abonde Cristina Monge, car Ciudadanos "pourrait se retrouver sans partenaires européens, se diviser profondément, et voir le PP récupérer très vite les électeurs qu'il a perdu à son profit".

  1. Le jour où le vol MH17 s’est crashé, c’est lui qui a été chargé de rassembler les restes des corps des victimes

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    Quand le vol MH17 de Malaysia Airlines qui reliait Amsterdam à Kuala Lumpur s’est crashé, c’est lui qu’on a appelé. Le sergent Rod Anderson était le commandant de la Disaster Victim Identification pour la police fédérale australienne. C’est lui qui a été chargé d’identifier les victimes et de rendre les dépouilles à leurs familles. Pour rappel, 238 personnes dont 15 membres d’équipage ont perdu la vie le 17 juillet 2014.