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Erdogan inaugure son nouveau "palais blanc"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan inaugure en grande pompe mercredi, jour anniversaire de la fondation de la République, un nouveau palais présidentiel à l'origine d'une vive controverse avec ses opposants et les défenseurs de l'environnement. Déjà rebaptisé ironiquement la "Maison blanche" par ses détracteurs, cet immense "palais blanc" ("ak saray" en turc) va remplacer l'actuel siège de la présidence, beaucoup plus modeste mais historique, qui a accueilli les onze précédents chefs de l'Etat de l'histoire de la Turquie moderne depuis 1923.

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D'une surface de 200.000 mètres carrés, le nouveau palais est construit en lisière de la capitale Ankara sur un terrain que le premier président et fondateur de la République Mustafa Kemal Atatürk avait acquis pour y construire une ferme.

350 millions de dollars
La construction de ce bâtiment d'architecture d'inspiration néo-seljoukide (la première dynastie turque qui a régné sur l'Asie mineure du XIe au XIIIe siècle), aurait coûté, selon la presse turque, quelque 350 millions de dollars. Ces travaux, au milieu d'une zone forestière, ont d'abord suscité l'opposition des défenseurs de l'environnement, d'autant qu'ils ont été achevés à marche forcée malgré une décision de justice exigeant l'arrêt du chantier.

Opposition
Les adversaires de M. Erdogan y sont allés eux aussi de leurs critiques contre ce déménagement, illustration selon eux de la folie des grandeurs du maître du pays. Les trois partis d'opposition représentés au Parlement ont ainsi demandé à leurs élus de bouder l'inauguration mercredi.

Présidence
Adulé par ses partisans autant qu'il est haï par ses adversaires qui l'accusent de dérive "autoritaire" et "islamiste", M. Erdogan a été élu en août chef de l'Etat après avoir dirigé le gouvernement sans partage pendant onze ans. Même si la Constitution turque actuelle accorde la direction de l'exécutif au Premier ministre, il a affirmé à de multiples reprises sa volonté de garder les rênes du pays, au besoin en modifiant la loi fondamentale.

Premier ministre
Le nouveau palais avait initialement été promis au successeur de M. Erdogan, le Premier ministre Ahmet Davutoglu, qui devra se contenter de l'ancien palais présidentiel.