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Noa Pothoven © DR

Euthanasiée après un viol? La clinique hollandaise où elle a fait les démarches rétablit la vérité

On vous en parlait ici: l’adolescente hollandaise de 17 ans Noa Pothoven avait décidé de mourir après avoir été violée. Elle avait annoncé que la décision de “la laisser partir avait été prise”. Elle est décédée il y a quelques jours. Ses posts sur les réseaux sociaux laissaient croire à une euthanasie. Elle avait d’ailleurs dit avoir fait les démarches en ce sens. C’est également le mot qui a été utilisé par la presse internationale pour parler de son décès. 

Mais la clinique aux Pays-Bas où elle avait fait les démarches pour se faire euthanasier a démenti l’information. Noa a bien sollicité la clinique en 2018 mais les médecins ont refusé d'accéder à sa demande. Que s’est-il passé?

"Noa Pothoven n'a pas été euthanasiée. Pour mettre fin à ses souffrances, elle a cessé de manger et de boire", a déclaré l'établissement Levenseindekliniek de La Haye dans un communiqué.

Ses parents ont accepté de ne pas la nourrir de force

Selon Politico, Noa ne s’alimentait plus depuis le mois de juin. Ses parents et les médecins ont accepté de ne pas la nourrir de force. La décision de passer aux soins palliatifs et de ne pas forcer l’alimentation à la demande du patient ne constitue pas une euthanasie au sens propre du terme.

Avec la Belgique, les Pays-Bas ont été en 2002 le premier pays au monde à légaliser l'euthanasie des personnes malades dont la souffrance est "insupportable et sans perspective d'amélioration". L'euthanasie n'est autorisée par la loi néerlandaise que sous de strictes conditions. Au moins deux médecins doivent certifier qu'il n'y a pas d'autre solution raisonnable pour le patient.

La "Levenseindekliniek pratique exclusivement l'euthanasie et le fait explicitement dans le cadre juridique néerlandais", a déclaré la clinique.

“Une enquête ouverte”

De son côté, le ministre néerlandais de la Santé, Hugo de Jonge, a déclaré dans un communiqué, que la famille de la jeune fille, qui avait fait plusieurs tentatives de suicide, confirmait qu’il n’y avait pas eu d’euthanasie.

Le ministre a précisé avoir demandé à l’Inspection des soins de santé et de la protection de l’enfance d’”enquêter” sur ce cas, assurant que “les questions autour de sa mort et les soins qu’elle a reçus sont compréhensibles, mais elles ne recevront de réponses qu’une fois les faits établis”. 

Noa Pothoven avait subi une agression sexuelle à l'âge de 11 ans. Trois ans plus tard, elle avait été victime d’un viol dans sa ville d'origine Arnhem.

Elle avait annoncé son intention de mourir dans un message publié sur son compte Instagram, qui a depuis été supprimé.

"Dans les 10 prochains jours, je vais mourir", écrivait-elle.

"Cela fait un moment que je cesse de manger et de boire et après de nombreuses discussions ... Il a été décidé de me laisser partir parce que ma vie est insupportable", avait-elle ajouté.

Noa Pothoven a publié en 2018 un ouvrage intitulé "Gagner ou apprendre", dans lequel elle raconte son combat contre ses angoisses et son mal-être.

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