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Hollande demande à Valls de composer un nouveau gouvernement

UpdateLe Premier ministre français Manuel Valls "a présenté la démission de son gouvernement" au président François Hollande qui a demandé de "composer un nouveau gouvernement", qui sera présenté mardi, a annoncé l'Elysée dans un communiqué.

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Ce gouvernement sera constitué "en cohérence avec les orientations qu'il a lui-même définies pour notre pays", a ajouté l'Elysée, qui précise que M. Valls avait présenté au président de la République la démission de son gouvernement", après les attaques contre l'austérité du ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg

"Consensus absolu"
La démission du gouvernement a fait l'objet d'un "consensus absolu" entre le président François Hollande et le Premier ministre, Manuel Valls, a assuré l'entourage du président de la République interrogé par l'AFP. "Il y a eu un consensus absolu sur l'analyse de la situation et la réponse qu'il convenait d'y apporter", a-t-on déclaré de même source, démentant des informations de presse selon lesquelles Manuel Valls aurait mis sa démission dans la balance. "C'est faux", a-t-on insisté de même source. Manuel Valls a été reçu pendant une heure lundi matin à l'Elysée par le président Hollande avant l'annonce de la démission de son gouvernement et de la formation d'une nouvelle équipe par lui-même d'ici à mardi.

Les ministres réunis à Matignon
Manuel Valls reçoit ce lundi à Matignon successivement chaque ministre du gouvernement démissionnaire, y compris Arnaud Montebourg, dans le cadre de la formation de sa nouvelle équipe gouvernementale, a annoncé à l'AFP l'entourage du Premier ministre. "Le Premier ministre va recevoir l'ensemble des ministres, à l'exception de Jean-Yves Le Drian, en déplacement sur l'île de Sein avec le président de la République. Il rencontrera également des personnalités politiques, dont le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, et le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone", a-t-on précisé.

Critiques
Le ministre de l'Économie Arnaud Montebourg avait confirmé ce lundi matin ses critiques de la politique économique de François Hollande et Manuel Valls mais s'est défendu de toute "infraction à la solidarité gouvernementale" car "les décisions ne sont pas prises" selon lui.

"Ligne jaune franchie"
M. Montebourg a également assumé qu'il ne se plaçait "pas dans l'hypothèse" de quitter le gouvernement, alors que l'entourage de Manuel Valls a estimé dimanche que le locataire de Bercy avait "franchi la ligne jaune" après ses déclarations au Monde appelant à une réorientation de la politique économique.

Sans regrets
Regrette-t-il ses déclarations ? "Non. D'abord parce qu'il n'y a pas de colère. Il y a aujourd'hui un débat mondial, des appels mondiaux à la correction des erreurs de politique économique qui sont commises par tous les pays européens en même temps en Europe", a déclaré M. Montebourg sur Europe 1.

Solidarité gouvernementale
Le ministre de l'Économie a cependant assuré qu'il n'y avait "nulle remise en question de la solidarité gouvernementale" car "les décisions ne sont pas prises". "Pour l'instant, nous en discutons. Tant que les décisions ne sont pas prises, il n'y a pas d'infraction à la solidarité gouvernementale", a-t-il plaidé. Ce n'est "pas un débat d'autorité" mais un "débat d'orientation économique", a ajouté M. Montebourg.

"Même discours"
"Nous avons discuté tout l'été avec les uns et les autres dans la collégialité du gouvernement, de ce débat fondamental et crucial. Nous sommes à la mi-temps du quinquennat." "Dans mon discours de Bercy du 10 juillet, c'était exactement le même discours", souligne le ministre de l'Économie, qui ajoute qu'il a "proposé et sollicité le président de la République. Je l'ai fait dans la collégialité et je l'ai exprimé publiquement afin que nul n'en ignore."

Nouvelle crise
Il s'agit de la première crise gouvernementale depuis la nomination à Matignon de Manuel Valls, qui a succédé à Jean-Marc Ayrault après la déroute de la majorité aux élections municipales fin mars.

M. Montebourg, arrivé en troisième position de la primaire socialiste pour la présidentielle de 2012, s'était auparavant déjà accroché avec M. Ayrault, notamment sur le dossier industriel de Florange. Il avait déjà affirmé haut et fort ses orientations lors d'un grand discours prononcé début juillet à Bercy.

"Ne pas se taire"
Fustigeant la droite allemande et jugeant qu'il avait le "devoir" de "ne pas se taire", le ministre a ajouté qu'il se devait de "proposer des solutions alternatives" à ce qui constitue "l'échec de la zone euro", donc de la France, à "retrouver le chemin de la croissance", devant plusieurs centaines de ses partisans, venus le retrouver dans son fief électoral. 

Montebourg a "dépassé les bornes"
Un peu plus tôt, c'est le député Carlos Da Silva, proche de Manuel Valls, qui a jugé que M. Montebourg avait "dépassé les bornes", avec des "déclarations insensées".

Le soutien de Cécile Duflot
Cécile Duflot, ancienne ministre (EELV) du gouvernement Ayrault, a dit lundi soutenir la démarche d'Arnaud Montebourg.

"Transition économique"
"Même si j'ai des désaccords qui sont connus avec Arnaud Montebourg sur les gaz de schiste et aussi sur ce qu'il a dit hier --il parle de relance de fait par la consommation, je pense que l'enjeu essentiel est double, celui de la transition économique et celui de réorienter l'Union européenne (...)--, nous serons nombreux à être aux côtés de tous ceux qui veulent ce changement de cap et de politique économique du gouvernement", a déclaré Cécile Duflot sur France Inter.

La politique menée ne fonctionne pas"
"La politique qui est menée ne fonctionne pas parce que l'Union européenne devient une sorte d'espace où les choses s'affadissent, où on ne peut pas débattre de politique et surtout où on a le sentiment que la règle budgétaire prime sur tout le reste", a regretté Mme Duflot.

Démission
La députée de Paris, qui décidé de ne pas participer au gouvernement de Manuel Valls formé après la déroute de la majorité aux élections municipales, raconte son expérience dans un livre très critique envers François Hollande.