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Jacques Chirac. © AFP

Hollande, Sarkozy, Le Pen: les hommages du monde politique affluent

MISE À JOURL’ancien président de la République française Jacques Chirac s’est éteint jeudi matin à l’âge de 86 ans. Le monde politique n’a pas tardé à réagir. 

L’Assemblée nationale et le Sénat ont aussitôt observé une minute de silence. “Nous venons d’apprendre le décès de Monsieur Jacques Chirac, je vous demande de bien vouloir en hommage à sa mémoire observer une minute de silence”, a déclaré le président de l’Assemblée Richard Ferrand.

François Hollande

L’ancien président socialiste François Hollande a salué jeudi en Jacques Chirac un “combattant”, un “humaniste” et un “homme de culture” qui “avait su établir un lien personnel avec les Français”.

“Jacques Chirac avait su établir un lien personnel avec les Français”, écrit M. Hollande dans un communiqué d’hommage à son prédécesseur, ajoutant: “Il aimait les gens, qui lui rendaient en affection ce qu’il leur avait offert en sympathie”. Jacques Chirac était un “combattant”, qui “pouvait être tranchant”, selon François Hollande, qui dit avoir été “témoin, dans la relation” qu’il avait “pu établir avec lui ces dernières années sur (leurs) terres corréziennes”, de sa “sollicitude”.

Nicolas Sarkozy

“C’est une part de ma vie qui disparaît aujourd’hui”, a affirmé Nicolas Sarkozy, en faisant part de sa “profonde tristesse”.

“Il a incarné une France fidèle à ses valeurs universelles et à son rôle historique” et “il n’a jamais rien cédé sur notre indépendance, en même temps que sur son profond engagement européen”, a ajouté dans un communiqué M. Sarkozy, en saluant “la stature imposante et la voix si particulière de Jacques Chirac” qui “ont accompagné la vie politique française pendant un demi-siècle”.

Valéry Giscard d’Estaing

L’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981) a exprimé jeudi dans un communiqué son “émotion” après le décès de Jacques Chirac, qui avait été son Premier ministre de 1974 à 1976, avant de s’affirmer comme son grand rival à droite.

“J’ai appris avec beaucoup d’émotion la nouvelle de la disparition de l’ancien président de la République Jacques Chirac. J’adresse à son épouse et à ses proches un message de profondes condoléances”, a écrit l’ancien chef de l’Etat dans un court message.

Lionel Jospin

Lionel Jospin, Premier ministre de 1997 à 2002, a déclaré jeudi avoir eu “le privilège de gouverner la France” sous la présidence de Jacques Chirac, “au cours d’une période politiquement complexe” de cohabitation.

“J’ai eu le privilège de gouverner la France sous sa présidence”, écrit M. Jospin dans un communiqué. Il reconnaît avoir, “au cours d’une période politiquement complexe dite de cohabitation”, conduit “une politique intérieure différente de celle” qu’aurait choisie Jacques Chirac. Mais, a-t-il ajouté, “en politique étrangère, nous avons veillé tous deux à ce que notre pays parle d’une seule voix et soit respecté sur la scène internationale”.

Alain Juppé

Alain Juppé, ancien Premier ministre et lieutenant préféré de Jacques Chirac, a fait part de “l’immense tristesse qui [l]‘étreint”.

“Pendant plus de 40 ans, j’ai vécu avec Jacques Chirac une relation exceptionnelle de fidélité, de confiance, d’amitié réciproques qui n’était pas seulement politique mais d’abord personnelle”, écrit l’ancien maire de Bordeaux dans un message transmis à l’AFP.

Richard Ferrand

Richard Ferrand a rendu hommage personnel à Jacques Chirac qui “fait désormais partie de l’Histoire de France”. “Une France à son image: fougueuse, complexe, parfois traversée de contradictions, toujours animée d’une inlassable passion républicaine”, a-t-il déclaré dans un communiqué.

Marine Le Pen

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a salué jeudi la mémoire de Jacques Chirac, “capable de s’opposer à la folie de la guerre en Irak”, “l’un des derniers actes de souveraineté d’un chef d’Etat français”.

“Bien qu’ayant été un adversaire politique du Front national pendant des décennies, nous nous souviendrons de son refus de participer à la seconde guerre d’Irak en 2003, qui fut l’un des derniers actes de souveraineté d’un chef d’Etat français”, a déclaré Mme Le Pen dans un communiqué.

Jean-Luc Mélenchon

Jacques Chirac “aimait la France mieux que d’autres depuis” et les Français peuvent lui en être “reconnaissants”, a réagi Jean-Luc Mélenchon jeudi après l’annonce du décès de l’ancien président.

“Recevons la tristesse car elle a ses raisons. Il aimait la France mieux que d’autres depuis. Et pour cette part là, nous lui sommes reconnaissants”, a tweeté le chef de file de La France insoumise.

Anne Hidalgo

La maire de Paris Anne Hidalgo a salué un “homme d’Etat hors normes” après l’annonce du décès de l’ancien président de la République Jacques Chirac, assurant que “Paris est en deuil”, dans un message transmis à l’AFP.

“Pour nous les Parisiennes et les Parisiens, il sera à jamais notre maire, aimant passionnément sa ville et ses habitants”, a ajouté l’édile socialiste qui lui a succédé près de 20 ans plus tard au fauteuil de maire de Paris. “Les drapeaux de tous les équipements municipaux seront mis en berne”, a précisé Anne Hidalgo.

Laurent Fabius

Le président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius, qui fut l’adversaire politique de Jacques Chirac dans les années 80, a salué la mémoire de l’ancien président qui n’a “cessé d’être épris de la République et de la servir”.

M. Fabius, qui précéda Jacques Chirac à Matignon lors du premier mandat de François Mitterrand, a fait part de sa “profonde tristesse” et des condoléances du Conseil constitutionnel - institution dans laquelle l’ex-chef de l’Etat avait siégé en tant que membre de droit après la fin de ses mandats en 2007 et jusqu’au printemps 2011.

Jacques Toubon

“Je pleure tout simplement. Jacques Chirac, c’était ma vie pendant 40 ans ; ma vie personnelle et ma vie publique. Sa disparition, c’est la fin d’une histoire, la fin d’une culture politique”, a également réagi Jacques Toubon, qui a été son garde des Sceaux.

Gérard Larcher

Parmi ses anciens compagnons politiques, le président (LR) du Sénat Gérard Larcher, qui a été son ministre du Travail, a rendu hommage un homme qui “a incarné la France à travers ses territoires” et ses “valeurs”, et qui a “toujours refusé toute compromission avec les extrêmes”.

Christian Jacob

Le chef de file des députés LR Christian Jacob a affirmé jeudi à l’AFP après le décès de l’ancien président de la République Jacques Chirac que la famille gaulliste perdait “un de ses inspirateurs”.

“La France et les Français perdent leur président. La famille gaulliste perd un de ses inspirateurs. Ma peine immense est à la hauteur du respect, de l’admiration et de l’affection que je lui portais depuis toujours”, a déclaré M. Jacob.

François Bayrou

François Bayrou, président du MoDem et ancien ministre de Jacques Chirac, a salué jeudi l’”attachement à l’unité des Français et aux valeurs républicaines” de l’ancien chef de l’Etat mort jeudi, en indiquant qu’il lui en était “reconnaissant”.

“Il a été pour la société française, comme président de la République, un repère. Au fond, il a toujours refusé les affrontements trop violents. Il attachait une grande importance à ne rien faire d’irréversible entre les Français”, a ajouté M. Bayrou à l’AFP.

Edouard Balladur

Edouard Balladur apprend “avec émotion” le décès de Jacques Chirac “après tant d’années de souffrance”.

Jean-Pierre Raffarin

Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre nommé au début de son deuxième mandat, est “très peiné par la disparition du Président Chirac”. “Pendant 3 ans à Matignon j’avais construit avec lui une relation de confiance et d’affection. Il m’a beaucoup donné, son attachement à la cohésion sociale, son goût de la Chine... Ma gratitude est immense. De cœur avec sa famille”, a-t-il indiqué sur Twitter.

Arnaud Montebourg

Nicolas Hulot 

L’ancien ministre français de l’Environnement, Nicolas Hulot, a salué jeudi la mémoire du président Jacques Chirac, soulignant la “sensibilité écologique” de celui qui fut, selon lui, l’un des premiers “artisans” de la conscience environnementale internationale.

M. Hulot a indiqué à l’AFP éprouver “une très profonde tristesse”, expliquant qu’il avait “avec le président Chirac une relation très ancienne, très complice, très affectueuse”. “Nous n’avions pas forcément toujours les mêmes idées politiques mais ça n’a jamais altéré notre amitié”, a-t-il relevé.

“Et puis je me souviens, et je ne suis pas le seul, que c’est grâce à l’écoute qu’il m’a accordée à de nombreuses reprises que sa sensibilité écologique s’est éveillée, a émergé et a débouché sur ce discours de Johannesbourg qui a été un premier jalon auquel on se réfère aujourd’hui”, a-t-il pointé. M. Hulot se réfère à l’avertissement qu’avait lancé le président Jacques Chirac en septembre 2002, lors d’un sommet de la Terre, à Johannesbourg: “Notre maison brûle et nous regardons ailleurs”. Ce discours fut, pour M. Hulot, “une parole vraie, une parole dure, une parole crue sur cette maison qui brûle et que nous ne regardons pas”.

“Au-delà du sommet de Johannesbourg qui a marqué les esprits, il y a eu de nombreuses tribunes où il n’a cessé de mobiliser et tout cela a contribué probablement au démarrage d’une prise de conscience internationale et je pense qu’il en a été un des artisans”, a conclu l’ancien ministre.

Vladimir Poutine

Le président russe Vladimir Poutine a réagi jeudi à la mort de l’ancien chef d’Etat français Jacques Chirac en saluant un dirigeant “sage et visionnaire”, a indiqué le Kremlin dans un communiqué.

“Jacques Chirac a acquis le respect mérité de ses compatriotes et une haute autorité internationale en tant que dirigeant sage et visionnaire ayant toujours défendu les intérêts de son pays”, a affirmé M. Poutine, qui avait récemment désigné M. Chirac comme le dirigeant étranger l’ayant le plus impressionné de sa carrière.

Jean-Claude Juncker

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker est “touché et dévasté” par la mort de l’ancien président français Jacques Chirac, “un grand homme d’Etat” et “un grand ami”, a déclaré jeudi la porte-parole en chef de la Commission.

“Son héritage pour la France et l’Union européenne restera à jamais”, a ajouté la porte-parole Mina Andreeva. “Le président (de la Commission) n’a pas de mot pour exprimer son deuil”, a-t-elle dit, en précisant qu’une “déclaration plus longue” serait publiée ultérieurement.

Guy Verhofstadt

L’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, qui a côtoyé pendant huit ans Jacques Chirac lorsque celui-ci était président de la République française, a salué via Twitter “son humour (qui) était toujours une source de soulagement”. “Mais c’est surtout son attachement au projet européen et le fait qu’il était un vrai homme d’État qui nous manqueront”, a ajouté le président du groupe libéral au Parlement européen.

Elio Di Rupo

Elio Di Rupo a aussi rendu hommage au “Maire de Paris, Président et Européen convaincu”. “Jacques Chirac a su bâtir les ponts nécessaires pour une société pluraliste. Il a marqué la vie politique française. Mes pensées émues vont à sa famille et à l’ensemble des Français”, a réagi le président du Parti socialiste.

Angela Merkel

La chancelière allemande Angela Merkel a salué en Jacques Chirac, un “formidable partenaire et ami”, selon un tweet du porte-parole du gouvernement.

“Je suis très attristée par l’annonce de la mort de Jacques Chirac”, a-t-elle indiqué dans ce tweet. “Il était pour nous, Allemands, et pour moi personnellement un partenaire formidable et un ami”, a-t-elle ajouté après le décès de l’ancien président français qu’elle avait en particulier côtoyé durant ses deux premières années à la chancellerie, de 2005 à 2007.

Saad Hariri

Le Premier ministre libanais Saad Hariri a rendu hommage jeudi à l’ancien président français Jacques Chirac, décédé dans la matinée, le qualifiant d’un des “plus grands hommes” que la France ait connu.

“Les Libanais et les Arabes ressentent aujourd’hui de la (douleur après la) perte d’un homme qui a profondément marqué leur conscience pendant de nombreuses années”, a ajouté dans un communiqué M. Hariri, dont Chirac était un ami proche de la famille. 

Riyad al-Malki

Le ministre des Affaires étrangères palestinien Riyad al-Malki a salué jeudi la mémoire de l’ancien président français Jacques Chirac, “un ami du peuple palestinien”, décédé jeudi matin à l’âge de 86 ans.

“Avec le décès de l’ancien président français Jacques Chirac, le peuple palestinien et sa juste cause ont perdu un ami”, a ainsi affirmé le ministre palestinien à l’AFP depuis New York où il participe à l’Assemblée générale des Nations unies.

Parmi les images marquantes pour les Palestiniens du président qui dirigea la France de 1995 à 2007, figure la grosse colère que M. Chirac piqua le 22 octobre 1996 contre une police israélienne trop pressante dans le vieux Jérusalem, dans le secteur palestinien de la Ville sainte occupé par Israël.

“Do you want me to go back to my plane?” (Voulez-vous que je remonte à bord de mon avion?) avait-il lancé au chef de la police. Les images avaient fait le tour du monde. Le Premier ministre israélien de l’époque, Benjamin Netanyahu, s’était ensuite excusé.

“Il a défié les mesures arbitraires ici”, a commenté M. Maliki, soulignant que M. Chirac avait accompagné l’ancien dirigeant palestinien Yasser Arafat “jusque dans les derniers instants”.

 Reuven Rivlin

De son côté, le président israélien Reuven Rivlin a présenté les condoléances de l’Etat d’Israël dans un message au “peuple français”.

“Nous nous souviendrons de son geste courageux de reconnaissance de la responsabilité de la France pendant la Shoah”, a déclaré M. Rivlin.

Ehud Barak

L’ancien Premier ministre Ehud Barak, à la tête du gouvernement israélien de juillet 1999 à mars 2001, a salué son “ami” Jacques Chirac malgré leurs différends.

“C’est un dirigeant avec lequel j’ai eu beaucoup de controverses, mais que j’ai toujours respecté”, a-t-il écrit sur Twitter, en saluant “un homme de paix”.

Jeudi à 15H00 GMT, Benjamin Netanyahu, Premier ministre sortant, n’avait pas réagi au décès de Jacques Chirac.