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Hollande se rend dans son fief en Corrèze

François Hollande, en pleine tourmente depuis la révélation de sa liaison présumée avec une actrice, a retrouvé samedi son fief de Corrèze, dans le sud-ouest de la France, sous l'oeil de dizaines de journalistes français et étrangers, alors que sa compagne restait hospitalisée à Paris.

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Illustration de l'intérêt médiatique pour les démêlés conjugaux du chef de l'Etat français, pas moins de 93 journalistes avaient fait le déplacement à Tulle. Parmi eux, des envoyés spéciaux du New York Times, de la BBC, du magazine allemand Stern ainsi qu'une équipe de télévision néerlandaise. Du jamais vu depuis l'élection de François Hollande à la présidence de la République, le 6 mai 2012.

Impassible face au tourbillon médiatique, François Hollande est parvenu toute la semaine à imposer son agenda politique, à l'exception d'une visite jeudi --la première-- à sa compagne Valérie Trierweiler, hospitalisée depuis le 10 janvier, jour de la publication par le magazine Closer d'une édition spéciale consacrée à l'"amour secret" du président.

Compagne de François Hollande depuis 2005, la journaliste de 48 ans, mère de trois enfants, était toujours samedi à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Dès que les médecins l'autoriseront à sortir, elle pourra aller se reposer, si elle le désire, à La Lanterne, une résidence présidentielle située à Versailles, près de Paris, pour y poursuivre sa convalescence, a-t-on confié dans l'entourage de François Hollande.

Après l'inauguration d'un centre de secours samedi matin, François Hollande devait présenter ses voeux dans l'après-midi à Tulle, ville dont il a longtemps été l'élu, avec un discours sur la ruralité et les collectivités territoriales. Il a en revanche évité le marché où il avait pourtant l'habitude de se rendre à chaque retour en Corrèze. La dernière visite de François Hollande à Tulle remonte au 20 juillet. Ce jour-là, il était accompagné, selon la presse locale, de l'actrice Julie Gayet. "Il est temps que notre président prenne des décisions sur sa vie personnelle et que le débat soit clos, qu'il n'y ait plus de rumeurs et de photos", estimait Cécile At, la patronne de la Taverne du Sommelier où François Hollande a sa table, marquée de son nom.

Si le chef de l'Etat a évité le marché, les journalistes s'y pressaient, interviewant Bernard Combes, le maire socialiste de Tulle, par ailleurs conseiller à l'Elysée. "La situation politique française requiert toute la vigilance du président de la République, toute sa disponibilité et bien évidemment, s'il peut régler parallèlement et dans de bonnes conditions ses problèmes de vie personnelle, ce sera mieux pour tout le monde", a-t-il observé devant les caméras.

Depuis plusieurs jours, la presse s'interroge notamment sur la genèse de la liaison entre François Hollande, 59 ans, et Julie Gayet, 41 ans, cherchant à savoir si elle a débuté avant ou après son élection à la présidence en mai 2012. François Hollande, qui n'a jamais été marié, a vécu pendant près de trente ans avec Ségolène Royal, ancienne candidate socialiste à la présidence de la République et la mère de ses quatre enfants, dont il s'est officiellement séparé en 2007.

Mardi, lors d'une conférence de presse, il avait admis que son couple avec Valérie Trierweiler traversait des "moments douloureux", promettant une clarification de sa situation avant une visite d'Etat le 11 février aux Etats-Unis. Mme Trierweiler, qui n'accompagne pas François Hollande dans tous ses voyages, devait être à ses côtés pour cette visite à l'invitation de Barack Obama.

Selon un sondage publié samedi, la majorité des Français (62%) estiment qu'il s'agit "d'une affaire privée qui ne concerne que François Hollande", et les trois-quarts d'entre eux donnent raison à leur président qui a refusé mardi de répondre aux questions sur sa vie privée, au grand dam de la presse étrangère, en particulier britannique. "La France est très différente des pays anglo-saxons, car il n'y a pas de jugement moral sur le fait que le président ait une double vie. Il n'y aura pas de conséquence politique sur son image", estime Patrick Eveno, historien des médias.