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Hollande veut "démocratiser" la culture

François Hollande a promis dimanche au festival d'Avignon une loi, "le moment venu", en faveur de la "démocratisation de la culture" tout en mettant en garde contre les "difficultés financières" qui obligeront le gouvernement à poser des "limites".

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Premier président en exercice à venir au festival d'Avignon depuis la visite de François Mitterrand en juillet 1981, comme il l'a lui-même souligné, M. Hollande s'est efforcé, que ce soit au festival off ou à la Maison Jean-Vilar, créateur du festival dont on célèbre cette année le centenaire de la naissance, de convaincre que la Culture n'était "pas simplement un budget".

Pour le président, qui était accompagné de Valérie Trierweiler et des ministres de la Culture Aurélie Filippetti et du Travail Michel Sapin, "la culture est aussi un investissement qui permet à des territoires d'être plus attractifs" économiquement, de générer "des emplois" et de "donner une image de compétitivité pour notre pays". "Donc, Michel Sapin a vocation à être là", tout comme Mme Filippetti, a-t-il insisté.

Un président fidèle à ses propos
M. Hollande est demeuré fidèle aux propos qu'il avait tenus, un an auparavant, contre une proposition de Martine Aubry d'augmenter les crédits du ministère de la Culture. C'était lors de la bataille de la primaire socialiste. Candidate comme lui à la candidature, Martine Aubry avait alors promis, si elle devenait présidente de la République, d'augmenter de "30 à 50%" le budget de la culture. Aussitôt, François Hollande, d'Avignon où il était déjà venu au festival, mettait le holà. "Ce n'est pas une surenchère qu'on doit demander, c'est une politique. Après, cette politique a des conséquences financières qui ne sont pas toutes au ministère de la Culture", avait-il alors déclaré.

Un an plus tard et une crise économique toujours en cours, la prudence est toujours de mise. "Un travail de concertation va être engagé dans les semaines qui viennent pour, le moment venu, faire une loi sur le développement et la démocratisation de la culture", a-t-il promis, évoquant à plusieurs reprises "l'ambition culturelle" du gouvernement.

Toutefois, sur la question des "moyens que nous devons dégager, je ne vous mentirai pas", a-t-il prévenu les artistes venus l'écouter au festival off. "Ce sera difficile de promettre à tous les secteurs des financements appropriés. Nous ferons l'impossible mais il y a forcément des limites. Il faudra aller à l'essentiel, faire jaillir la créativité dans notre pays", a-t-il dit, sans donner d'autres précisions sur la date de cette future loi.

"Il y a un moment où un président doit porter un grand projet. Ce n'est pas simplement un grand équipement, cela peut être une grande ambition, cela peut être une grande idée mobilisant tous les territoires et pas simplement un lieu comme cela a été le cas dans le passé", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse. "Je recherche cette grande idée qui devra être partagée, ce n'est pas simplement une volonté présidentielle, cela doit aussi être l'occasion d'un rassemblement large (...) qui doit marquer un mandat", a-t-il ajouté.

Le chef de l'Etat a également profité de sa visite au festival d'Avignon pour faire chevalier de la légion d'honneur Yvon Lambert, collectionneur et marchand d'art qui a offert 556 de ses oeuvres, estimées à 100 millions d'euros, à l'Etat, à la condition qu'elles restent à Avignon. Il devait le soir assister, au Cloître des Carmes, à une pièce de Luigi Pirandello, "Six personnages en quête d'auteurs".

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