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Indignation et solidarité face à la fin de la tv publique grecque

GrèceLa population grecque est sous le choc après que le gouvernement eût décidé et appliqué, en quelques heures à peine, la fermeture de la télévision publique. À l'ERT, c'est le désarroi. Parmi les téléspectateurs, la stupeur. La solidarité envers les travailleurs de l'ERT s'organise déjà, les chaînes privées ont notamment volontairement cessé d'émettre et le monde entier exprime son désaccord avec la décision du gouvernement grec.

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L'ERT comptait, jusqu'hier, plus de 2.650 employés. Un nombre colossal, surtout quand on sait comment le recrutement a lieu dans la télévision publique grecque depuis des décennies. Les gouvernements successifs ont recruté plus que de raison avant les élections afin de conforter leur assise électorale, accuse la RTBF.

Cas d'école
Aujourd'hui cas exemplaire de mauvaise gestion d'un service public, l'ERT fait les frais d'un laxisme interminable et inacceptable. Les employés licenciés ont tenté de résister à la mesure ultra-radicale du gouvernement en crise en refusant de rendre l'antenne. C'est là que la police a été chargée de couper la transmission en neutralisant les émetteurs. Image noire à 23h11, "No signal" s'affiche sur les écrans. Un geste trop violent pour les journalistes, les employés, les téléspectateurs des chaînes publiques réputées de qualité. "J'ai le sentiment qu'une bombe vient d'exploser en Grèce" a confié à la RTBF le correspondant à Bruxelles de l'ERT.

Outre la stupeur des employés et du public, c'est toute la communauté internationale qui déplore la manière dont le gouvernement a clos le dossier. Tous reprochent au Premier ministre d'avoir choisi de priver la population de la communication, la télévision et la radio en étant les outils essentiels en temps de crise. Et ce depuis la guerre.

Solidarité des chaînes privées
Un élan de solidarité mondiale pour dénoncer une "un coup de force, une censure, une régression dans la démocratie" selon les termes de Jean-Paul Philippot (président de l'UER) mais aussi un élan de solidarité plus local. Les chaînes privées ont en effet à leur tour coupé l'antenne par respect pour leurs confrères abruptement licenciés mais aussi pour exprimer leur indignation face à cette entrave au droit à l'information. Les programmes ne reprendront pas avant une heure du matin. Des milliers d'anonymes se sont joints aux syndicats devant le siège de l'ERT à Athènes pour manifester leur colère, relate encore la RTBF.

La Grèce, sous les feux de l'actualité depuis trois ans déjà en raison de la faillite de son économie et du désespoir de ces citoyens, est plongée dans le noir depuis hier soir. Elle vient de perdre une ultime richesse: son droit l'information. Le coup de grâce pour une population qui paie à nouveau les failles de ses dirigeants.