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Philippe Lamberts. © BELGA

Intégrer Puigdemont et Comin aux Verts/ALE: un “problème” pour Philippe Lamberts

Le co-président du groupe des Verts/ALE au Parlement européen, le Belge Philippe Lamberts, ne voit pas d'un bon oeil l'éventuelle affiliation des Catalans Carles Puigdemont et Toni Comín à son groupe, a-t-il dévoilé mardi à Strasbourg. "La logique voudrait que ces deux personnes rejoignent le groupe de leurs meilleurs amis en Belgique", a-t-il commenté, faisant référence aux accointances des indépendantistes catalans avec la N-VA.

Puigemont et Comín, tous deux exilés en Belgique, ont pris possession lundi soir de leurs sièges d'eurodéputés dans l'hémicycle européen, des mois après avoir été élus en mai dernier. Ils sont toutefois encore considérés comme "non-inscrits", n'appartenant donc à aucun groupe politique du Parlement, ce qui réduit considérablement leur force de parole dans l'assemblée. 

Les deux hommes souhaitent appartenir à l'Alliance libre européenne ou ALE, parti politique européen qui est associé aux écologistes pour former le groupe des "Verts/ALE" dans les rangs du Parlement. L'ALE est une alliance de régionalistes et autonomistes, dont la N-VA est parti membre. Les nationalistes flamands siègent cependant au Parlement européen dans un autre groupe, plus à droite, celui des "Conservateurs et réformistes européens" (ECR). 

Philippe Lamberts (Ecolo), co-président des Verts/ALE, estime qu'intégrer éventuellement Puigdemont et Comín serait "un problème". "Nous allons, dans les prochaines semaines, discuter avec nos collègues de l'ALE pour déterminer notre position", détaille-t-il. 

“Lamberts ne doit pas jouer de petits jeux”

Le Belge rappelle parallèlement que "ces deux eurodéputés se sont constamment placés sur la même ligne qu'un parti (la N-VA, NDLR) dans leur pays d'accueil, la Belgique, qui siège dans un autre groupe. Je trouve cela assez absurde qu'ils cherchent maintenant à intégrer un autre groupe, aux valeurs qui sont clairement opposées à celles de leurs meilleurs amis belges", a tranché Philippe Lamberts. 

Intégrer le groupe ECR ne semble pourtant pas une option pour l'ex-président de la Catalogne et Toni Comín, qui était membre de son gouvernement: les Conservateurs et réformistes européens comprennent les ultranationalistes espagnols de Vox. Ce parti de droite radicale est résolument anti-indépendantisme régional et donc incompatible avec les Catalans qui ont porté le référendum d'autodétermination de la Catalogne en 2017. 

"Lamberts ne doit pas jouer de petits jeux, il sait très bien où cela coince", a réagi mardi Geert Bourgeois (N-VA/ECR), plutôt amer quant aux commentaires de l'écologiste. "Ecolo devrait apprendre à respecter les adversaires politiques plutôt que d'exclure les personnes sur base d'une opinion différente", lâche-t-il encore.
Ce n'est pas seulement l'arrivée des deux Catalans qui agite cette semaine les groupes politiques du Parlement européen rassemblés en plénière à Strasbourg. 

L'imminence du Brexit fait que les eurodéputés britanniques quitteront bientôt l'assemblée. Certains groupes vont perdre des sièges, d'autres en regagner via la redistribution d'une partie des places. Les Verts/ALE devraient justement en perdre, et voir l'extrême droite d'Identité et démocratie les dépasser de justesse dans les rapports de force (ID deviendrait 4e en nombre de sièges, les Verts/ALE 5es). Les écologistes, entre autres, mènent des discussions avec le Mouvement 5 étoiles italien, sans résultat définitif jusqu'ici. 14 eurodéputés du M5S sont actuellement "non-inscrits" au Parlement européen.