Plein écran
© AFP

“L'Allemagne a beaucoup à apprendre du Brésil sur l'environnement”, selon Bolsonaro

“L'Allemagne a beaucoup à apprendre du Brésil” en matière d'environnement, a rétorqué jeudi le président Jair Bolsonaro à la chancelière Angela Merkel avant le G20 à Osaka où "le Brésil n'acceptera pas d'être traité comme par le passé". Les deux dirigeants doivent participer dans la ville japonaise au sommet des 20 pays les plus industrialisés à partir de vendredi.

"Tout comme vous, je vois avec beaucoup d'inquiétude la question des actions du président brésilien (concernant la déforestation), et si elle se présente, je saisirai l'opportunité au G20 d'avoir une discussion claire avec lui", avait dit mercredi la chancelière allemande devant ses députés. Des déclarations qui n'ont pas été du goût du président d'extrême droite entré en fonction en janvier.

"Le président du Brésil n'est pas ici (au sommet du G20) pour recevoir des avertissements, contrairement aux (sommets) antérieurs." "Le Brésil doit être respecté. Nous n'accepterons pas d'être traités comme par le passé", a averti l'ancien capitaine de l'armée. "Le Brésil peut servir d'exemple à l'Allemagne, y compris sur l'environnement", a poursuivi Jair Bolsonaro. "Leur industrie continue d'utiliser l'énergie fossile, en grande partie le charbon, et la nôtre non.”

La déforestation continue

"Ils ont donc beaucoup à apprendre de nous", a insisté Jair Bolsonaro devant des journalistes brésiliens après son arrivée à Osaka. Au Brésil, 8e économie mondiale, l'énergie provient à 88% de sources renouvelables, en grande partie de l'hydraulique. Mais la multiplication des barrages et leur impact sur des écosystèmes fragiles inquiète de plus en plus les défenseurs de l'environnement.

M. Bolsonaro a indiqué ne voir "aucun problème" à discuter de cette question avec Mme Merkel, bien que son agenda à Osaka, où il se trouvera également samedi, ne mentionne pour l'instant aucune rencontre bilatérale avec la chancelière. Jair Bolsonaro a apporté un franc soutien à l'expansion des activités agricoles. La déforestation, entamée des années avant son accession au pouvoir, se poursuit à un rythme soutenu, notamment en Amazonie, "poumon de la planète", et provoque de plus en plus de conflits avec les populations indigènes.

Une remise en cause des accords avec l’UE et le Mercosur?

Huit anciens ministres brésiliens de l'Environnement se sont alarmés en mai des nouvelles orientations du gouvernement dans ce domaine.  Le soutien appuyé de Jair Bolsonaro à un agro-négoce toujours plus avide de terres a poussé 340 ONG européennes et sud-américaines, dont Greenpeace et Friends of the Earth, à réclamer la remise en cause de l'accord commercial entre l'Union Européenne (UE) et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay).

La conclusion de cet accord est "imminente", selon les présidents brésilien et argentin, après 20 ans de négociations. Mais un accord reste "toujours incertain", a affirmé jeudi à l'AFP une source européenne proche des discussions.