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L'ancien président brésilien Lula nie toute entrave à la justice

L'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a démenti mardi devant un juge de Brasilia avoir tenté d'entraver l'exercice de la justice lors de l'enquête sur le scandale de corruption Petrobras.

Accusé d'avoir tenté d'acheter le silence d'un ancien directeur de la compagnie pétrolière d'État, Lula est arrivé au tribunal vers 10h00 locales, acclamé par une poignée de militants, ont constaté des journalistes de l'AFP présents sur place.

"Jamais inquiété"
"Les témoignages de chefs d'entreprise ou de directeur de Petrobras ne m'ont jamais inquiété", a affirmé l'ancien chef d'État, inculpé dans cinq volets de l'enquête, pour corruption, blanchiment d'argent et trafic d'influence.

Mis en cause par Delcidio do Amaral, un ex-sénateur de sa propre formation politique, le Parti des Travailleurs (PT), Lula nie toutes les accusations, se considérant victime d'un complot pour l'empêcher de se présenter aux élections présidentielles de 2018.

L'enquête tentaculaire "Lavage Express" a mis en lumière un système de corruption que les groupes brésiliens du bâtiment avaient monté pour truquer les appels d'offres de la compagnie pétrolière d'État Petrobras.

En retour, étaient versés commissions et pots-de-vin alimentant les caisses noires de partis politiques et d'élus influents.

Lula est accusé notamment d'avoir tenté d'acheter le silence de Nestor Cervero, ancien directeur des opérations internationales de Petrobras, qui a noué un accord avec la justice en échange d'une remise de peine.

Moment de grande tension
Le 3 mai, il est cité à comparaître à Curitiba (sud) devant Sergio Moro, juge emblématique de l'enquête "Lavage Express".

L'audience de l'ex-président à Brasilia intervient dans un moment de grande tension pour toute la classe politique brésilienne, dans l'attente de la levée du secret judiciaire sur les révélations explosives de 78 cadres du géant du BTP Odebrecht, qui ont aussi noué un accord avec la justice.

Le procureur général doit envoyer cette semaine à la Cour Suprême (STF) une demande d'ouverture d'enquête à l'encontre de dizaines d'hommes politiques de tous bords. Le STF pourra décider par la suite s'il lève ou non le secret judiciaire.