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L’appel du Premier ministre espagnol: “Le temps est venu de mutualiser la dette”

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, insiste sur le recours à un emprunt européen pour faire face à la crise du coronavirus dans une tribune publiée dimanche en Allemagne, où le gouvernement est critiqué pour son opposition aux "coronabonds".

"Le temps est venu de mutualiser la dette", lance M. Sanchez dans les colonnes du Frankfurter Allgemeine Zeitung, portant le débat sur la place publique dans un pays dont le gouvernement a refusé catégoriquement cette idée. Mais plusieurs éditoriaux en Allemagne jugent sévèrement cette intransigeance.

“Un grand plan choc”

"C'est le moment d'agir de façon solidaire, en créant un nouveau mécanisme de mutualisation de la dette, en agissant en bloc pour acquérir des produits sanitaires de première nécessité, en établissant des stratégies coordonnées de cyber-sécurité et en préparant un grand plan choc pour que le redressement du continent soit rapide et solide", écrit-il. Agir ensemble signifierait "qu'il n'y ait pas de fossé entre le nord et le sud", insiste le Premier ministre.

L'Italie et l'Espagne, appuyés par la France et six autres pays de l'Union européenne, demandent l'émission d'obligations européennes, surnommées "coronabonds", pour financer la reprise après la crise sanitaire et économique que provoque la pandémie.

“Soit le virus tue l’Europe, soit l’Europe tue le virus”

"Soit le virus tue l'Europe, soit l'Europe tue le virus. C'est à nous de choisir", a même déclaré la ministre espagnole des Affaitres étrangères, Arancha Gonzalez Laya, dans une interview à plusieurs quotidiens régionaux de l'est de la France, pour demander la solidarité des 27.

L'Allemagne et les Pays-Bas refusent un emprunt commun, qui les obligerait à assumer la dette de pays du sud qui n'ont pas la même rigueur financière qu'eux. Mais leur position est battue en brèche dimanche dans un éditorial de l'influent hebdomadaire Der Spiegel.

"Il n'y a pas d'alternative aux coronabonds dans la crise", écrit Der Spiegel, sous le titre "L'Allemagne manque de solidarité, se montre mesquine et lâche". Ces obligations renchériraient le taux auquel emprunte l'Allemagne tandis qu'elles rabaisserait celui de l'Italie mais "Berlin peut se le permettre". "Rome, en revanche, sera bientôt dans l'incapacité de s'adresser seule aux marchés des capitaux parce que les taux d'intérêts sont trop élevés".

"Et maintenant, tous pour un", écrit également Cersti Gammelin dans le Suddeutsche Zeitung, reprochant au gouvernement de ne pas écouter les conseils des économistes. Pour la journaliste, il y va de l'avenir de la monnaie unique: "si le veto allemand (aux coronabonds) l'emporte, la grave crise en Italie pourrait faire exploser l'euro".