Plein écran
Illustration © Getty Images/iStockphoto

L’entraîneur de tennis violait ses élèves: “Il était le Dieu, il était le gourou”

Une peine de 15 ans de prison a été requise vendredi aux assises de Nanterre à l'encontre d'un ancien entraîneur de tennis accusé de viols sur quatre de ses anciennes élèves, toutes mineures à l'époque des faits.

"Il était le Dieu, il était le gourou. Et il a peu à peu aspiré ces joueuses de tennis", a insisté l'avocate générale. Les quatre parties civiles ont décrit, tout au long d'un procès parfois éprouvant, le processus par lequel cet entraîneur les a placées sous emprise, les isolant de leurs familles et de leurs proches, et devenant leur référent et modèle principal.

La première victime n’avait que 12 ans

L'ex-coach aujourd'hui âgé de 53 ans, est accusé d'avoir abusé à de multiples reprises de quatre jeunes filles. La première n'avait que de 12 ans en 1999 lorsqu'elle est prise en main par Andrew Geddes, entraîneur au club de Sarcelles. Elle fait alors partie des meilleures françaises de sa génération. Elle assure avoir été violée et abusée jusqu'en 2001, chiffrant à autour de 400 le nombre d'abus sexuels. Deux autres femmes accusent Andrew Geddes de faits similaires commis entre 2001 et 2003 pour l'une, et de 2003 à 2005 pour l'autre, alors qu'elles avaient entre 15 et 17 ans. Après leurs plaintes en 2014, les enquêteurs découvrent qu'Andrew Geddes entretient toujours une relation avec une de ses élèves, âgée de 17 ans, qui finira elle aussi par déposer plainte.

“Aveuglé par mon besoin de reconnaissance”

L'accusé a maintenu pendant le procès avoir toujours été persuadé qu'il entretenait des relations consenties avec ces jeunes filles. "Au moment des faits, du fait mon immaturité, aveuglé par mon besoin de reconnaissance, j'étais incapable de percevoir un non-consentement", s'est défendu Andrew Geddes à la barre. “Quelle liberté peut avoir une fille de 12, 15 ou 17 ans face à un homme de 20 ou 30 ans de plus qu'elle?", a interrogé en retour l'avocate générale. "Les premières victimes d'abus sexuels ce sont les enfants, pourquoi? Parce qu'ils font ce qu'on leur demande", a-t-elle rappelé.

Rapports sexuels souvent violents

Les unes après les autres, les victimes ont décrit des rapports sexuels souvent violents, ayant lieu dans la voiture d'Andrew Geddes, dans les toilettes du club ou lors de stages à La Baule. "Andrew Geddes nous explique que ces souillures pourraient être une histoire d'amour", a fustigé l'avocat d'une des victimes, Me Nicolas Cassart. "Mais une histoire d'amour n'a pas pour périmètre le siège avant d'un véhicule", a-t-il tonné. Les déclarations de l'accusé sur le consentement des victimes est "un jet d'essence sur un feu qui peine à s'éteindre et qui ne s'éteindra sans doute jamais", a dénoncé Me Didier Leick, l'avocat de deux des jeunes femmes.

Verdict attendu dans la journée.