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L'ex-suspect de Chevaline raconte son calvaire: "Ils ont détruit ma famille"

VideoLa semaine dernière, l'affaire de la tuerie de Chevaline (en Haute-Savoie) semblait prendre un nouveau tournant avec l'interpellation d'Eric Devouassoux, un ex-policier municipal de la région reconnu après la diffusion d'un portrait-robot. Après quatre jours de garde à vue, l'homme a été mis hors de cause par les autorités judiciaires françaises. Ce père de famille, devenu très vite le suspect numéro 1 dans cette sombre histoire, a vécu son arrestation comme un véritable traumatisme. Jeté en pâture dans la presse, l'homme a décidé de s'exprimer dans différents médias pour réhabiliter son nom.

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Eric Maillaud, le procureur de la république d'Annecy, avait rappelé lors de sa conférence de presse que "la tuerie de Chevaline n'est pas élucidée" et qu'il tenait au principe de présomption d'innocence. © reuters

"On m'a dépeint comme un être primaire, violent. Je ne comprends pas. Parce que j'ai un petit bouc? Tous les bikers ont un petit bouc. J'ai une Harley, pas un scooter. J'ai les yeux verts. Dans le portrait-robot, ils cherchent quelqu'un avec les cheveux noirs. Je n'ai jamais dépassé les 70 kg, ils cherchent un gars plutôt corpulent. Donc, voilà, j'ai voulu rectifier le tir. J'ai été très éprouvé, j'ai voulu m'expliquer", explique-t-il devant les caméras de Canal +. "

"Mardi je pars au travail à 10 heures, je rentre dans ma voiture et c'est la fin du monde. Il y a six gars qui me ceinturent, me mettent à terre. Vous êtes en garde à vue dans le cadre de l'affaire Chevaline. Là, c'est la quatrième dimension. Je ne le souhaite à personne. Ca vous tombe dessus comme un coup de tonnerre", raconte Eric, toujours bouleversé par ce qui lui est arrivé.

"Mon petit garçon n'est toujours pas retourné au collège"
Dans les premiers jours de l'enquête, la presse française respecte le sacro-saint principe de présomption d'innocence et ne divulgue pas le nom du suspect. En revanche, la presse anglaise y déroge sans scrupule et diffuse une photo issue du profil Facebook d'Eric. Son nom est à tout jamais sali, sa réputation ternie.

"Mon père m'a téléphoné. Il pleurait, il a 75 ans. Je ne l'avais jamais vu pleurer. Il me dit: tu te rends compte, ils sont allés voir la grand-mère qui est dans une maison de retraite. Je me suis dit: on touche le fond". Mon petit garçon n'est toujours pas retourné au collège. Il a peur de la réaction des autres...".

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L'ex-policier de Menthon Saint-Bernard travaillait en Suisse (à Genève) dans le domaine de la surveillance. Il a été licencié au lendemain de sa mise en garde à vue. "Au début je voulais déménager, je ne voulais plus en entendre parler. Puis, je me suis dit: c'est trop facile. Je n'ai rien fait, je suis innocent. Ils ont détruit ma famille, créé un chômeur. Moi je voudrais pouvoir retravailler là-bas pour payer ma maison et nourrir ma famille", témoigne-t-il.

Trafic d'armes illégal
Eric était collectionneur d'armes de la Seconde Guerre Mondiale, ce qui avait évidemment intrigué les enquêteurs. Une quarantaine d'armes, des munitions et des grenades ont d'ailleurs été saisies à son domicile et à celui de ses beaux-parents. Un trafic illicite pour lequel il a été mis en examen. En revanche, aucun lien n'a été établi avec le carnage qui s'est déroulé en septembre 2012.

L'affaire reste une énigme
Pour rappel, une famille britannique (Saad al-Hilli, 50 ans, sa femme de 47 ans, sa belle-mère de 74 ans) ainsi que Sylvain Mollier (un cycliste de 45 ans) ont été froidement abattus. On ignore toujours qui était la cible principale de ce quadruple meurtre. Quant au mobile, il reste aussi une énigme pour l'instant.

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