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Donald J. Trump © Photo News

L'Iran met en garde Trump contre "l'illusion" d'une guerre courte

Le ping-pong des déclarations choc se poursuit entre l’Iran et les Etats-Unis avec une mise en garde iranienne jeudi contre l’”illusion” d’une “guerre courte” entre les deux pays ennemis en réaction à des propos du président américain Donald Trump.

Ces nouvelles invectives surviennent alors qu’à la veille d’une réunion sur l’accord sur le nucléaire iranien, un diplomate à Vienne a indiqué que les réserves d’uranium faiblement enrichi de l’Iran ne devraient pas dépasser ce jeudi la limite fixée par le pacte, contrairement à ce qu’avait annoncé Téhéran.

La crise au long cours qui caractérise depuis 40 ans les relations entre les Etats-Unis et l’Iran connaît depuis environ deux mois un nouvel accès de fièvre, sur fond d’escalade dans la région du Golfe et d’inquiétudes pour la survie de l’accord nucléaire, menacé depuis que les Etats-Unis s’en sont retirés en 2018.

Un nouveau pic a été atteint lorsque l’Iran a abattu un drone américain, le 20 juin, après une série d’attaques d’origine inconnue contre des tankers attribuées par Washington à Téhéran qui a démenti.

Dans ces circonstances ultratendues faisant craindre un embrasement, M. Trump a évoqué mercredi la possibilité d’une guerre courte contre Téhéran. “Nous sommes dans une position très forte, et ça ne durerait pas très longtemps, je peux vous le dire. Et je ne parle pas de troupes au sol”.

L’idée d’une “+guerre courte+ avec l’Iran est une illusion”, a réagi le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif dans un message sur Twitter destiné, selon lui, à corriger certaines “idées fausses” du président américain qui “menacent la paix”.

“Ennemi principal”

Mardi, le président iranien Hassan Rohani a déclaré à son homologue français Emmanuel Macron que l’Iran ne cherchait la guerre “avec aucun pays”, pas même les Etats-Unis. Pour autant, Téhéran multiplie les mises en garde. A Téhéran, les funérailles publiques de près de “150 martyrs” tombés lors de la guerre Iran-Irak ou en Syrie, ont donné aux autorités l’occasion d’exalter la “résistance” face à l’”ennemi principal”: les Etats-Unis.

S’adressant à la foule, le chef de l’Autorité judiciaire, Ebrahim Raïssi, est revenu sur la destruction du drone américain -abattu selon Téhéran dans l’espace aérien iranien ce que Washington conteste. “La main bénie qui a attaqué le drone américain a confirmé que pour résister devant l’ennemi, la République islamique d’Iran n’a aucune hésitation”, a-t-il déclaré.

La crise entre les Etats-Unis et l’Iran doit être au menu des discussions du sommet du G20 qui s’ouvre vendredi au Japon. Le même jour, des représentants des Etats encore parties à l’accord nucléaire (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne, Iran et Russie) doivent se retrouver à Vienne pour faire le point sur l’application du texte.

Les Européens pressent l’Iran de ne pas commettre l’”erreur” de se retrouver en violation de ses engagements. Après leur retrait de l’accord, les Etats-Unis ont rétabli des sanctions économiques qui asphyxient l’économie iranienne et privent Téhéran des bénéfices qu’il attendait de ce pacte.

“Accord durable”

Cherchant à calmer les inquiétudes, Mark Esper, secrétaire américain à la Défense par intérim, a assuré jeudi à l’Otan que son pays ne voulait pas d’un conflit avec l’Iran. “Notre propos est d’amener l’Iran à négocier un accord durable”, a-t-il assuré.

A Paris, l’émissaire américain pour l’Iran, Brian Hook, a indiqué que son pays “continuera d’augmenter la pression sur l’Iran jusqu’à ce qu’il se comporte comme un régime normal et revienne à la table des négociations”. Il faisait allusion à l’exigence américaine d’un nouvel accord avec l’Iran, pour qui au contraire, le pacte de 2015 n’est pas négociable. Par l’accord de Vienne, l’Iran s’est engagé à ne jamais chercher à se doter de l’arme atomique,et à limiter drastiquement son programme nucléaire en échange de la levée partielle des sanctions internationales.

En riposte au retour des sanctions américaines, Téhéran a fait connaître le 8 mai son intention de se délier progressivement de ses engagements si Européens, Russes et Chinois ne l’aidaient pas à contourner les mesures américaines. L’Iran a annoncé ce jour-là ne plus se sentir tenu par les limites que l’accord de impose à ses réserves d’eau lourde et d’uranium faiblement enrichi, et a menacé de s’affranchir d’autres engagements à partir du 7 juillet.

Il avait indiqué le 17 juin que ses réserves d’uranium dépasserait à partir du 27 juin le plafond des 300 kilos fixé par l’accord, mais aucune confirmation du franchissement de ce seuil n’est venue ce jour. Les Iraniens ne “dépasseront pas (la limite) aujourd’hui (jeudi)”, a indiqué à l’AFP un diplomate à Vienne, évoquant une possible “raison politique” à cette retenue.