L'Iran tire "des dizaines de missiles" sur une base américaine en Irak

Le commandement militaire irakien a annoncé mercredi que 22 missiles se sont abattus sur deux bases sur son sol sans faire de “victime parmi les forces irakiennes”, après une riposte iranienne contre les intérêts des États-Unis qui ont assassiné vendredi le général iranien Qassem Soleimani.

“Entre 01H45 et 02H15 (23H45 HB et 00H15 HB), l’Irak a été bombardé par 22 missiles - 17 sur la base aérienne d’Aïn al-Assad (...) et cinq sur la ville d’Erbil - qui ont tous touché des installations de la coalition” internationale antidjihadistes emmenée par les États-Unis, indique-t-il dans un communiqué.

“Il n’y a eu aucune victime dans les rangs des forces irakiennes”, est-il ajouté dans le texte, publié sept heures après l’attaque menée par Téhéran, parrain du pouvoir à Bagdad. Le communiqué ne fait pas mention d’éventuelles victimes au sein des forces de la coalition.

Il n’évoque pas non plus l’Iran, qui a revendiqué ces tirs pour “venger” le général Soleimani, tué dans un raid américain à Bagdad aux côtés d’Abou Mehdi al-Mouhandis, numéro deux du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires irakiens pro-Iran désormais intégrés aux forces de sécurité irakiennes.

En rétorsion à ce qu’il a dénoncé comme une violation de sa souveraineté, l’Irak a réclamé le départ des troupes étrangères de son sol, tandis que les tirs de roquettes contre diplomates et soldats américains en Irak se sont récemment multipliés.

“Tout va bien”

De son côté, Donald Trump a assuré que “tout allait bien” sur Twitter. “L’évaluation des pertes et des dommages est en cours. Jusqu’ici, tout va bien! Nous avons l’armée la plus puissante et la mieux équipée au monde, et de loin! Je ferai une déclaration demain matin", a-t-il écrit.

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© EPA

 “Autodéfense”

“L’Iran a pris et terminé des mesures proportionnées d’autodéfense conformes à [...] la Charte de l’ONU en attaquant une base d’où ont été lancées des attaques lâches contre nos citoyens et officiers de haut rang. Nous ne cherchons pas l’escalade ou la guerre, mais nous nous défendrons contre toute agression”, a écrit Mohammad Javad Zarif sur son compte Twitter.

Assassinat

Ces tirs interviennent alors que se terminent à peine les funérailles du général iranien Qassem Soleimani, assassiné vendredi à Bagdad sur ordre du président américain Donald Trump aux côtés de l’Irakien Abou Mehdi al-Mouhandis, leader des paramilitaires pro-Iran désormais intégrés aux forces de sécurité irakiennes.

Une quinzaine d’attaques à la roquette ont déjà visé des soldats et des diplomates américains en Irak depuis la fin octobre. Aucune n’a été revendiquée mais Washington en a attribué plusieurs aux factions irakiennes pro-Iran.

Cette fois-ci, un peu plus de 24 heures après un cafouillage des États-Unis, leur commandement militaire affirmant se retirer du pays conformément à un appel du Parlement et le Pentagone démentant, c’est Téhéran qui a revendiqué les raids de la nuit de mardi à mercredi.

Des frappes en trois vagues

Ces frappes, survenues en trois vagues, ont été menées avec “des dizaines de missiles”, ont annoncé les Gardiens de la révolution iraniens, l’armée idéologique de la République islamique cités par la télévision d'État iranienne.

Arrivée des soldats américains à Bagdad en Irak
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Arrivée des soldats américains à Bagdad en Irak © Photo News

Depuis que les États-Unis ont assassiné Soleimani, le monde entier redoute une déflagration dont l’impact pourrait toucher au-delà du Moyen-Orient.

Plusieurs États membres de la coalition ont déjà retiré des soldats, par craintes de nouvelles attaques.

Car le raid de vendredi qui a tué Soleimani a ressoudé et même élargi les rangs de “l’axe de la résistance” mené par Téhéran, son allié libanais du Hezbollah et le Hachd irakien. Ralliés sous la bannière de l’anti-américanisme, ils ont annoncé mardi soir avoir formé de nouveaux “bataillons”.

“Les Marines américains doivent rentrer dans leurs repaires immédiatement pour préparer leurs cercueils parce que ‘les bataillons de la résistance internationale’ ont été formées pour leur adresser une réponse sévère et étudiée aux forces américaines terroristes”, a annoncé dans la soirée Akram al-Kaabi, chef de Noujaba, l’une des factions pro-Iran les plus radicales du Hachd.

Un chef du Hachd promet aux Américains “l’enfer au-dessus de leurs têtes”

Plus tôt, son numéro deux, Nasser al-Chemmari, avait annoncé “une guerre contre la présence américaine dans tous les endroits de la région que nous pouvons toucher”, citant notamment l’ambassade américaine à Bagdad, “un nid d’espions” selon ses mots, déjà attaquée il y a une semaine par des milliers de pro-Iran.

“Les milliers de Marines qui s’y trouvent sont des cibles potentielles”, avait-il insisté, alors que la coalition antijihadistes et l’Otan ont déjà suspendu leurs opérations en Irak pour se consacrer à la protection de leurs troupes.

Le leader chiite Moqtada Sadr a réactivé récemment sa milice qui avait tué des dizaines de soldats américains lors de l’occupation des États-Unis à partir de 2003.

Un chef du Hachd avait promis aux Américains “l’enfer au-dessus de leurs têtes”.