Benito Mussolini et Adolf Hitler (28 septembre 1938)
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Benito Mussolini et Adolf Hitler (28 septembre 1938) © ap

L'Italie est-elle en train de replonger dans le fascisme?

Phénomène marginal surmédiatisé ou réelle radicalisation des idées?

Depuis plusieurs mois, les journaux italiens se déchirent sur l'importance à accorder à cette résurgence de manifestations, de violences voire de comportements "fascisants" à travers le pays, commente Le Courrier international.

Exemples révélateurs
En juillet dernier, une plage privée "fasciste" de Vénétie défrayait la chronique pour son radicalisme: le propriétaire des lieux assumait pleinement son attachement aux idées de Benito Mussolini.

Le 4 novembre, à Rome, un millier de personnes participaient à la commémoration de la prise de pouvoir du "Duce": salut fasciste, slogans hostiles aux migrants, les militants de "Forza Nuova" (FN) défilaient en nombre dans les rues de la capitale.

Le 28 novembre, à Côme (Lombardie, nord), un groupe de skinheads faisait irruption dans une organisation de soutien aux migrants. Quelques jours plus tard, le 6 décembre, "Forza Nuova" organisait une nouvelle action devant les rédactions des journaux "La Repubblica" et "L'Espresso" pour leur discours pro-immigration. 

La presse divisée
La presse est divisée sur la question. À gauche, la ligne éditoriale a tendance à dénoncer ces dérives avec gravité. À droite, elle tente de relativiser et accuse certains médias de donner trop d'importance à ces faits marginaux. Pour Il Foglio (droite), des journaux agitent trop vite le spectre du fascisme. Selon, Il Tempo (droite), les titres de gauche tombent "dans le ridicule, à force de dénoncer le retour du Duce". 

"Absence d'idées"
Il Messaggero, lui, se veut plus fataliste et critique une campagne électorale marquée par "l'absence d'idées". Personne n'évoque en effet le "chômage des jeunes, l'enseignement, l'Europe" mais des voix s'élèvent pour dénoncer le retour du fascisme et pointer du doigt les "méfaits" de l'immigration.

"La peur et les fantasmes idéologiques"
"Face à la gravité de la crise économique et sociale que connaît toujours l'Italie, aucun parti ne semble avoir de recette ni de solution rationnelle à proposer (...) Pour mobiliser, il ne reste que les peurs et les fantasmes idéologiques que l'on parvient à susciter dans son électorat. Les uns en appellent à l'esprit antifasciste militant, les autres agitent l'épouvantail d'une immigration hors de contrôle", conclut le quotidien romain.

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