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Cecilia Malmström © afp

L'UE, l'Ukraine et la Russie échouent à s'entendre

Aucun accord politique n'a pu être dégagé lundi à Bruxelles entre l'UE, l'Ukraine et la Russie à propos de la zone de libre-échange UE-Ukraine qui doit entrer en vigueur le 1er janvier prochain. La commissaire européenne chargée du Commerce, Cecilia Malmström, a fait état de certaines demandes russes qui n'étaient pas acceptables.

"Nous étions proches de trouver des solutions pratiques, et s'il y avait eu une volonté nous aurions pu. Cependant il n'y a pas eu assez de flexibilité du côté russe", a déclaré la commissaire en conférence de presse, après une journée de négociations avec le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Pavlo Klimkim, et le ministre russe au Développement économique, Alexeï Oulioukaïev.

Pourparlers
Des pourparlers avaient lieu depuis un an et demi entre les différentes parties en vue de répondre aux inquiétudes de la Russie relatives à la mise en œuvre de la zone de libre-échange entre l'UE et l'Ukraine au 1er janvier prochain. Moscou craint que l'accord de libre-échange entre Kiev et Bruxelles n'occasionne une avalanche de produits européens sur son marché.

"Surprise"
Mme Malmström a fait part aux journalistes à Bruxelles de sa "surprise" d'apprendre la confirmation par le ministre russe de la suspension la zone de libre-échange entre la Russie et l'Ukraine au 1er janvier, comme annoncé mercredi par le président russe Vladimir Poutine. Après une journée de pourparlers, "il n'y a pas eu d'accord, donc cet exercice est terminé. (...) Il n'y aura plus de négociations tripartites de la sorte", a-t-elle déclaré. Elle a également souligné que l'accord de libre-échange entre l'UE et Kiev ne pouvait pas être modifié, un élément "clair tout au long des discussions".

Demandes russes
La Russie a formulé des demandes qui n'étaient pas justifiées ou ne pouvaient pas être intégrées, n'étant pas alignées sur les règles de l'Union européenne ou de l'Organisation mondiale du commerce, a encore précisé la Commission européenne dans un communiqué de presse. L'institution a rappelé que l'UE avait présenté "plusieurs propositions constructives" dans les trois domaines de négociations, à savoir les barrières techniques au commerce, les mesures sanitaires et phytosanitaires et la coopération douanière.

Questions douanières
"Nos partenaires ont montré qu'ils n'étaient pas prêts à prendre en compte nos préoccupations" concernant les questions douanières et vétérinaires, a réagi Alexeï Oulioukaïev, cité par les agences russes. Il se montre cependant moins catégorique que les responsables européens, estimant que les discussions vont se poursuivre "mais de l'autre côté du Rubicon", soit en 2016. Plus tôt dans la journée, la Russie a annoncé étendre son embargo alimentaire imposé aux Occidentaux à l'Ukraine. Dès le 1er janvier, les produits en provenance d'Ukraine seront soumis à des droits de douane.

Sanctions économiques
Le même jour, le Conseil de l'UE a confirmé la décision prise vendredi par les ambassadeurs européens de prolonger de six mois les sanctions économiques contre la Russie, pour son implication présumée dans le conflit dans l'est de l'Ukraine. Les Européens veulent observer le respect strict des accords de paix de Minsk entre l'Ukraine et la Russie, notamment l'organisation d'élections dans les territoires séparatistes, pour lever ces sanctions.