La Chine communiste fête ses 70 ans, recrudescence des affrontements à Hong Kong

Hong Kong fait face à de nouveaux affrontements entre protestataires et forces de l’ordre, à l'occasion du 70e anniversaire du régime communiste. Un manifestant a même été touché ce mardi à la poitrine par un tir à balle réelle de la police. 

Quinze mille soldats, des centaines de chars, missiles et avions de combat ont défilé à Pékin devant les plus hauts dirigeants du pays rassemblés au balcon de la porte Tiananmen, l'endroit même où Mao Tsé-toung proclama la République populaire le 1er octobre 1949.

"Rien ne peut ébranler les fondations de notre grande nation. Rien ne peut empêcher la nation et le peuple chinois d'aller de l'avant", a lancé le président Xi Jinping, habillé en costume Mao sombre, en donnant le coup d'envoi des célébrations et du plus grand défilé jamais organisé par la Chine, selon le quotidien nationaliste Global Times.

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De violentes manifestations se déroulent actuellement à Hong Kong. © AFP

“Journée de colère” à Hong Kong

Mais à 2.000 km au sud de Pékin, les manifestants hongkongais, qui défient le régime communiste depuis près de quatre mois, ont appelé à une "journée de colère" ce mardi, également férié dans l'ancienne colonie britannique rendue à la Chine en 1997. 

Un manifestant a été touché à la poitrine par un tir à balle réelle de la police lors d’affrontements entre protestataires et forces de l’ordre, a indiqué à l’AFP une source policière.

Mobilisés depuis juin, les militants pro-démocratie ont bravé l’interdiction de manifester pour crier encore plus fort, à l’occasion de ces célébrations, leur ressentiment à l’encontre du régime chinois, dénoncer le recul des libertés et la violation, selon eux, du principe “Un pays, deux systèmes” qui a présidé à la rétrocession de l’ex-colonie britannique à la Chine en 1997.

En l’absence de dirigeants clairement identifiés, cette “journée de chagrin” s’était organisée essentiellement sur les réseaux sociaux.

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Des attaques violentes 

Malgré les interdictions des autorités, des petits groupes de manifestants se sont retrouvés mardi après-midi dans une douzaine de quartiers du territoire semi-autonome. La police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur des groupuscules radicaux dans au moins quatre quartiers.

A Tsuen Wan, quartier dans les Nouveaux Territoires, des manifestants masqués et armés de parapluies et de bâtons s’en sont pris à des policiers anti-émeutes qui avaient procédé à des interpellations. Les policiers ont battu en retraite dans une mairie voisine après avoir reçu une pluie de projectiles.

Selon les autorités, des manifestants ont jeté sur les forces de l’ordre un liquide corrosif à Tuen Mun, ville au nord-ouest de Hong Kong. Elles ont mis en ligne des photos montrant un policier à l’uniforme troué, souffrant de brûlures au niveau du torse.

Dans le quartier populaire de Wong Tai Sin, la police a brièvement tiré des gaz lacrymogènes contre des manifestants qui bloquaient des routes.

Hong Kong, capitale de la rébellion 

La manifestation principale s’est tenue sur l’île de Hong Kong, théâtre depuis bientôt quatre mois d’affrontements violents entre police anti-émeutes et groupuscules radicaux. Les manifestants ont marché vers le bureau de représentation de la Chine à Hong Kong, régulièrement cible de la contestation.

Les manifestants ont jeté des oeufs sur un portrait du président chinois Xi Jinping et arraché de grandes affiches célébrant le 70e anniversaire avant de les piétiner. “Trois mois plus tard, nos cinq revendications ne sont toujours pas satisfaites. Nous devons poursuivre notre combat”, a déclaré à l’AFP un manifestant, portant un masque.

Ces rassemblements interviennent quelques heures après un gigantesque défilé militaire place Tianamnen à Pékin, auquel a assisté M. Xi. La cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam, dont le niveau de popularité est au plus bas, était également à Pékin.

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À Hong Kong, la cérémonie pour le lever du drapeau sur la baie a illustré l’actuelle insécurité politique et la réticence des autorités à apparaître en public depuis juin.

Les responsables locaux y ont participé, mais à huis clos, depuis le centre des Congrès situé non loin. Après la rétrocession, cette cérémonie d’anniversaire s’est toujours tenue à l’extérieur, même sous des pluies torrentielles. Le 1er juillet, jour anniversaire de la rétrocession, la cérémonie s’était également déroulée à l’intérieur alors que des manifestants défilaient dans les rues.

L’adjoint de Carrie Lam, Matthew Cheung, a fait l’éloge dans un discours du développement de la Chine depuis 70 ans, tout en déclarant que les autorités avaient reconnu la nécessité d’une “nouvelle réflexion pour essayer de s’attaquer à des problèmes profondément enracinés” à Hong Kong. Mardi matin, seules de petites manifestations s’étaient déroulées.

“Gloire à Hong Kong”

Un groupe de parlementaires a été attaqué par des pro-Pékin alors qu’ils portaient symboliquement un cercueil dans le quartier d’affaires de Wan Chai. La police est rapidement intervenue pour mettre fin à l’altercation, en utilisant du gaz au poivre.

De l’autre côté de la baie, dans le quartier Tsim Sha Tsui, des manifestants ont entonné “Gloire à Hong Kong”, hymne de la contestation hongkongaise. Une cinquantaine de personnes se sont également réunies sur le port pour agiter des drapeaux chinois et crier “Vive notre mère patrie!”.

Après un week-end marqué par un regain de violences, la police avait mis en garde lundi contre une situation “très, très dangereuse” mardi.

Hong Kong traverse depuis juin sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession en 1997, avec des actions quasi-quotidiennes et des affrontements violents entre radicaux et policiers.

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