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La Corée du Nord tire deux projectiles non identifiés

La Corée du Nord a lancé vendredi matin deux projectiles non identifiés depuis sa côte est en direction de la mer, a rapporté à Séoul l'armée sud-coréenne, alors que Pyongyang a déclaré plus tôt dans la journée qu'il était désormais inenvisageable pour lui de poursuivre les discussions intercoréennes.

Le régime nord-coréen dénonce les exercices militaires conjoints débutés la semaine dernière par la Corée du Sud et les États-Unis qu'il qualifie de "répétition à la guerre". Pyongyang a manifesté son mécontentement en multipliant depuis trois semaines les séries de tests de missiles, présentées comme une "mise en garde".

Selon le chef d'état-major de l'armée sud-coréenne, la Corée du Nord a procédé vendredi matin au tir de deux nouveaux projectiles non identifiés. Ceux-ci ont parcouru environ 230 km en vol, a-t-il précisé dans un communiqué. Ces projectiles n'ont pas représenté de danger immédiat pour le Japon ou sa zone économique exclusive, a déclaré à Tokyo le ministère de la Défense.

À Washington, un représentant américain s'exprimant sous couvert d'anonymat a déclaré qu'au moins un projectile a été tiré et que les premiers éléments indiquaient qu'il s'agissait d'un essai similaire aux derniers tirs de missile à courte portée effectués par Pyongyang depuis le 25 juillet. Ces essais ont compliqué les tentatives pour relancer les discussions entre les Etats-Unis et la Corée du Nord sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Les pourparlers sont dans l'impasse depuis l'échec en février dernier du sommet de Hanoï entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, et ce malgré la promesse faite lors de leur rencontre à la frontière démilitarisée entre les deux Corées, le 30 juin dernier, de relancer ces discussions.

Peu avant que l'armée sud-coréenne fasse état du nouveau tir de projectiles, un représentant nord-coréen a déclaré que Pyongyang n'envisageait plus de prendre part à de nouvelles discussions avec Séoul, rejetant l'appel au dialogue effectué la veille par le président sud-coréen Moon Jae-in.

“Gars effronté”

La Corée du Sud est seule responsable de l'érosion des discussions intercoréennes et de l'impasse autour de la mise en oeuvre des engagements pris par Kim Jong-un et Moon Jae-in lors d'un sommet l'an dernier, a déclaré un porte-parole du Comité pour l'unification pacifique du pays (CPRC).

"Nous n'avons rien de plus à discuter avec les autorités sud-coréennes et nous n'avons aucun désir de nous asseoir de nouveau autour d'une table avec elles", a dit ce porte-parole dont l'identité n'est pas précisée dans un communiqué relayé par l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.

Il a par ailleurs critiqué vivement Moon Jae-in, décrivant le président sud-coréen comme un "gars effronté" qui est "dominé par la peur".

À Séoul, le ministère sud-coréen de l'Unification a déclaré que ces commentaires n'étaient "pas en adéquation" avec les accords intercoréens et n'œuvraient pas au renforcement des relations entre le Sud et le Nord.

Des discussions qui n’aboutissent pas 

Kim et Moon se sont rencontrés à trois reprises depuis avril 2018, initiant une détente entre les deux voisins en marge des discussions sur la dénucléarisation engagées par la Corée du Nord et les États-Unis. Peu de progrès ont cependant été effectués depuis lors entre Pyongyang et Séoul.

Jeudi, s'exprimant lors d'une allocution au jour de la Libération, Moon s'était montré optimiste sur l'avenir des relations intercoréennes, "malgré une série d'actions inquiétantes" de Pyongyang, et a dit vouloir tout faire pour parvenir à une Corée unifiée d'ici à 2045.

"Ses propos publics à propos d'un 'dialogue' entre le Nord et le Sud dans de telles circonstances soulèvent la question de savoir s'il a les facultés mentales adaptées", a dit le représentant nord-coréen à propos de Moon.

Il est "absurde" de penser que le dialogue intercoréen aurait repris une fois les exercices militaires conjoints avec les États-Unis terminés, a-t-il ajouté dans le communiqué. Ce représentant a toutefois laissé ouverte la possibilité de discuter avec les États-Unis.