Le quartier réputé sensible des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes (Essonne).
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Le quartier réputé sensible des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes (Essonne).

La fillette blessée lors d'affrontements en France dans le coma

La fillette grièvement blessée dimanche soir lors d'affrontements entre jeunes et forces de l'ordre dans le quartier des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes (Essonne), est dans le coma, ont indiqué lundi à l'AFP ses parents, qui mettent en cause la police.

Daranca Gimo, âgée de neuf ans, a été blessée à la tempe droite dimanche soir peu avant 20h00 par un projectile alors que de violents affrontements opposaient les forces de l'ordre et une trentaine de jeunes du quartier réputé sensible des Tarterêts, qui venaient de mettre le feu à deux voitures.

Selon les déclarations des parents de la fillette à l'AFP, Daranca se trouvait avec sa mère et trois autres enfants dans un parc situé à proximité de leur immeuble lorsque les échauffourées ont éclaté. La mère et les quatre enfants ont cherché à rejoindre au plus vite leur appartement.

"On courait pour traverser la route lorsque ma fille s'est écroulée à côté de moi", a confié la mère de Daranca. "Ca ne pouvait pas être autre chose qu'une balle de flashball", a estimé le père de la fillette, absent au moment des faits, mais pour qui le projectile "n'était pas une pierre", comme l'affirme pourtant une source policière. "Le médecin a parlé de quelque chose de rond", a ajouté le père de Daranca, qui envisage de porter plainte.

La "police des polices" saisie
Le préfecture de l'Essonne a demandé à l'IGPN (Inspection générale de la police nationale, police des polices) d'ouvrir une enquête administrative sur les faits.

Afin que toute la lumière soit faite, notamment sur le projectile ayant atteint la victime, le préfet de l'Essonne a décidé (...) de demander une enquête administrative à l'IGPN sans préjudice de l'enquête judiciaire en cours."

Cette démarche a été engagée "en accord avec le cabinet du ministre
de l'Intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration", a précisé la préfecture dans un communiqué reçu à Paris.

Selon la préfecture de l'Essonne, les fonctionnaires de police, ont été pris à partie par une trentaine d'assaillants qui ont lancé des pierres et des bouteilles dans leur direction. Les policiers, rejoints par des CRS ont répliqué par des tirs de lanceurs de balles de défense et de grenades lacrymogènes.

Le gomme cogne, sous les marques "Flash-Ball" ou "LBD40", est à l'origine de graves blessures à la tête depuis sa mise en service au milieu des années 1990, suscitant des controverses répétées sur son usage.

Selon la police, tout semble dire que la fillette, qui se trouvait au pied de son immeuble, a reçu une pierre au visage. Les forces de l'ordre étaient positionnées à quarante mètres des assaillants. Une distance qui, selon des informations techniques fournies par la police, ne permet pas de causer une plaie ouverte par un tir de gomme cogne ou de grenade lacrymogène.

Une enquête a déjà été ouverte par la Sûreté départementale de l'Essonne. (afp)