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La liberté de la presse recule en Europe, même en Belgique

La liberté de la presse recule en Europe, notamment sous la pression de pouvoirs en place de plus en plus autoritaires, constate Reporters Sans Frontières dans son classement mondial annuel publié jeudi. Au sein de celui-ci, la Belgique a perdu deux places et se retrouve désormais neuvième. Outre certaines menaces physiques, les journalistes européens sont soumis à de nombreuses formes d'intimidation et de pression, et à un harcèlement judiciaire croissant, déplore RSF.

Les milieux mafieux restent "l'un des pires prédateurs de journalistes d'investigation", rappelle Reporters Sans Frontières.

Journalistes sous protection
Si la problématique est particulièrement importante en Italie (43e), où une vingtaine de journalistes vivent sous protection, la menace touche désormais aussi des pays du haut du classement comme les Pays-Bas (4e), où deux spécialistes des organisations criminelles font l'objet d'une surveillance policière. En Suède (3e), RSF constate une recrudescence du cyberharcèlement contre ceux qui enquêtent sur le crime organisé ou les affaires religieuses.

États "véreux"
Dans des Etats "véreux" comme le Monténégro (104e) ou la Bulgarie (111e et dernier pays européen), les journalistes sont en outre également menacés par le système judiciaire. Des pressions du pouvoir ont aussi été relevées entre autres en Roumanie (47e) et à Malte (77e), tandis qu'en Serbie (90e), un maire a commandité l'attaque d'un journaliste enquêtant sur des affaires de corruption.

"Rhétorique anti-média"
L'ONG s'inquiète par ailleurs de la "rhétorique anti-média" qui se libère un peu partout en Europe. En France (32e), la haine des journalistes, légitimée par des personnalités politiques de premier plan, a débouché sur de nombreuses agressions lors des manifestations des gilets jaunes. A cela se sont ajoutés les dizaines de cas de violences policières, principalement contre les photojournalistes, fustige RSF.

Procédure "bâillon"
Enfin, les adversaires des médias recourent de plus en plus aux procédures "bâillon", soit des plaintes en diffamation visant plus à intimider et à faire taire les journalistes qu'à obtenir réparation, s'inquiète Reporters Sans Frontières, qui cite notamment les cas du groupe Vinci et de Vincent Bolloré. En Belgique, le fonds de pension liégeois Ogeo Fund a déposé plainte et réclame ainsi 500.000 euros à trois journalistes qui ont révélé certaines de ses pratiques.

Scandinavie au top
Le podium mondial de la liberté de la presse est entièrement scandinave. La Norvège conserve sa première place devant ses voisins finlandais et suédois. Suivent les Pays-Bas, le Danemark, la Suisse, la Nouvelle-Zélande, la Jamaïque, la Belgique et le Costa Rica. Le Royaume-Uni est 33e, les Etats-Unis 48e, le Japon 67e, Israël 88e, la Russie 149e, la RDC 154e, l'Iran 170e et la Chine 177e. Les trois derniers rangs sont occupés par l'Erythrée, la Corée du Nord et le Turkménistan.

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