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La Pologne rejette l'union homosexuelle

La Diète, chambre basse du Parlement polonais, a rejeté vendredi trois projets de lois destinés à introduire en Pologne, pays à majorité catholique, l'union civile pour les couples homosexuels et hétérosexuels.

Deux projets présentés par les partis de gauche ont été rejetés par une écrasante majorité des voix, alors que celui de la Plateforme civique au pouvoir (PO, centre droit), le plus conservateur des trois, uniquement par 17 voix (228 contre, 211 pour, 10 abstentions). Le projet du Mouvement de Palikot (RP, opposition anticléricale) et celui de la gauche social-démocrate (SLD, opposition), calqué sur le modèle français du Pacs --un concubinage contractualisé par les autorités civiles--, accordait notamment aux couples une imposition fiscale commune. Le projet de la PO prévoyait que l'union entre deux personnes du même sexe ou de sexes différents pourrait être conclue devant un notaire ou devant un maire. Le projet ne garantissait pas le droit à l'héritage après la mort d'un des partenaires. Aucun des projets ne prévoyait ni mariage ni adoption d'enfants par les couples homosexuels. Pour la droite catholique, les trois projets visaient "à légaliser la décadence morale de la société et à cimenter la crise du modèle traditionnel de la famille", selon les propos d'un député du parti conservateur Droit et Justice (PiS), Artur Gorski. Les auteurs des trois projets ont appelé quant à eux à respecter la dignité et les droits civiques de tous les citoyens. Le gouvernement n'a pas pris officiellement de position, étant profondément divisé sur ce sujet très sensible en Pologne. Avant le vote, le ministre de la Justice Jaroslaw Gowin a jugé les trois projets "contraires à la Constitution", alors que le Premier ministre Donald Tusk a estimé en revanche "que l'on ne pouvait pas fermer les yeux sur un fait social existant réellement". "On peut accepter ou non les couples homosexuels du point de vue de ses propres opinions sur la moralité de la vie publique, mais on ne peut pas nier leur existence", a déclaré le Premier ministre, soulignant que le Parlement avait pour rôle de "rendre la vie de ces gens plus digne, et non plus difficile".