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La présidentielle en RDC, un "compromis à l'africaine", selon Le Drian

Elections en RDCL'élection du 30 décembre en République démocratique du Congo (RDC) s'est achevée par "une espèce de compromis à l'africaine", a estimé lundi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui avait fait part de ses doutes lors de l'annonce de la victoire de l'opposant Felix Tshisekedi.

Le ministre était interrogé sur la radio France Inter sur une éventuelle contradiction entre la fermeté affichée par la France face à l'élection contestée de Nicolas Maduro au Venezuela et la reconnaissance par Paris de l'élection - également contestée - de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo comme président de RDC.

"L'élection s'est achevée finalement par une espèce de compromis à l'africaine. Je ne vois pas pourquoi on le remettrait en cause aujourd'hui. M Tshisekedi est devenu président dans une configuration très particulière et propre à la République du Congo", a déclaré le chef de la diplomatie française.

Des résultats flous 
Ce dernier avait estimé le 20 janvier que l'annonce de la victoire de M. Tshisekedi n'était "pas conforme" aux attentes, au vu des résultats partiels. L'opposant Martin Fayulu avait qualifié les résultats de la présidentielle du 30 décembre 2018 de "putsch électoral" du président Joseph Kabila avec la complicité de M. Tshisekedi.

"Sur l'élection dans la République démocratique du Congo, j'ai fait observer quer les résultats ne semblaient pas correspondre à toutes les informations que l'on pouvait avoir par ailleurs de sortie des urnes. J'observe que je n'étais pas le seul puisque l'Union africaine a fait la même déclaration en s'interrogeant même sur la nécessité de recompter les bulletins", a souligné M. Le Drian.

Le ministre français a estimé que la situation était "totalement différente" au Venezuela. Dans ce pays, "il s'agit d'une crise majeure avec des risques de violence, des affrontements potentiels, le fait qu'il y a une oppression qui fait des morts", a-t-il insisté. "Et là nous demandons qu'il y ait une vérification démocratique et un scrutin qui permette d'identifier qui peut être président du Venezuela et que ce scrutin soit confirmé par sa légitimité, par des observateurs internationaux". "C'est tout à fait différent comme situation", a-t-il dit.