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La presse nationale s'inquiète en Centrafrique © afp

La rébellion centrafricaine accusée de prêcher un islam rigoriste

Le gouvernement centrafricain a accusé jeudi l'alliance rebelle Séléka est parvenue à 160 km de Bangui d'être composée majoritairement de rebelles de la guerre du Tchad et du Darfour et ses leaders d'avoir des liens avec le wahhabisme, une forme rigoriste de l'islam.

"Si certains responsables de cette rébellion sont d'authentiques Centrafricains, il n'en est pas de même de la grande partie de la troupe constituée très largement des Toro Boro, les rebelles soudanais du Darfour. Il y a les résidus des forces du rebelle tchadien Mahamat Nouri qui a été expulsé de Khartoum. Plus d'autres combattants de morphologie libyenne", a déclaré le ministre de l'Administration territoriale Josué Binoua. "M. Dhaffane et M. Nourredine, qui sont les deux principaux responsables de cette rebellion, ont étudié en Arabie Saoudite et au Qatar. Ils prônent le wahhabisme à qui veut l'entendre. Ils le prêchent", a ajouté le ministre. Le wahhabisme est une doctrine rigoriste sunnite de l'islam d'origine saoudienne, voisine du salafisme. "C'est pour cela que le gouvernement a dénoncé avec la dernière vigueur cette poussée des rebelles vers une guerre de religion. Notre interrogation reste intacte, sur le but réel et sur leurs motivations réelles", a-t-il ajouté. Le gouvernement centrafricain a lancé ces accusations quelques jours avant des pourparlers avec les rebelles qui devraient s'ouvrir le 8 janvier à Libreville. Le régime du président François Bozizé a à plusieurs reprises qualifié l'offensive lancée le 10 décembre par la coalition de la rébellion d'agression provenant de l'extérieur. Par ailleurs, une note de travail confidentielle du gouvernement de Bangui assure que M. Nourredine, "fils d'un imam" d'un quartier de Bangui, est un "ancien étudiant de l'Université islamique de Médine".