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Le Premier ministre britannique David Cameron au 10 Downing Street à Londres, le 21 juin 2016. © epa

La supplique de Cameron en faveur du maintien dans l'UE

BrexitA deux jours du référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, le Premier ministre David Cameron a adressé mardi une supplique aux Britanniques, les conjurant de penser à leurs enfants avant de choisir entre les deux camps qui restent au coude à coude.

"Pour vous, votre famille et l'avenir de notre pays, votez pour rester" dans l'UE, a déclaré avec solennité M. Cameron devant ses bureaux du 10 Downing Street.

"Pensez aux rêves de vos enfants"
"Pensez aux rêves et aux espoirs de vos enfants et petits-enfants", a-t-il ajouté, soulignant qu'une sortie de l'UE ferait courir "un risque immense" à l'économie britannique et serait "irréversible". "Nous quitterons l'UE pour de bon et la prochaine génération devra vivre avec les conséquences plus longtemps que nous ne le ferons", a-t-il insisté.

Un peu plus tôt dans la matinée, c'est l'ancienne star du football britannique David Beckham qui avait appelé à rester dans l'UE et à penser aux générations futures avant ce vote déterminant pour l'avenir du Royaume-Uni mais aussi de l'Europe.

"Faire face aux problèmes ensemble, pas seuls"
"Pour nos enfants et leurs enfants, nous devrions faire face aux problèmes du monde ensemble et pas seuls", a-t-il fait valoir dans un communiqué publié par le camp du maintien dans l'UE.

Le milliardaire américain George Soros a mis en garde contre un "vendredi noir" sur les marchés financiers en cas de sortie de l'UE de la cinquième économie mondiale, un scénario qui soulève aussi des craintes de contagion et qui pourrait faire vaciller tout l'édifice européen.

George Soros anticipe une chute d'au moins 15% de la valeur de la livre. "Alors, ironiquement, la livre sterling vaudrait à peu près un euro", a relevé dans le quotidien The Guardian celui qui s'était enrichi en spéculant contre la devise britannique lors du "mercredi noir" en 1992.

"Protéger les emplois"
Cette union protège "les droits des travailleurs", a martelé de son côté le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn, appelant les électeurs à voter pour le maintien afin "de protéger les emplois".

Un suspense total à deux jours du référendum
Si les bookmakers penchent sans ambiguïté pour une victoire du "In", la moyenne des six derniers sondages effectuée par le site WhatUKThinks place les deux camps à égalité parfaite (50-50).

Chaque camp va s'efforcer jusqu'au dernier moment de convaincre les quelque 10% d'indécis, lors d'un grand débat mardi soir au stade de Wembley organisé par la BBC. C'est devant 6.000 personnes que s'affronteront le chef de file des pro-Brexit Boris Johnson, ex-maire conservateur de Londres, et son successeur fraichement élu à la mairie, le travailliste Sadiq Khan.

Côté pro-Brexit, Nigel Farage, chef du parti europhobe Ukip, a présenté une nouvelle affiche, dénonçant des écoles surpeuplées en raison de l'afflux de migrants, lors d'une visite à bord de son bus de campagne dans le sud-est de l'Angleterre.

"Breaking point"
La semaine dernière, il avait fait scandale, au sein même de son camp, avec une autre affiche, montrant une colonne de réfugiés avec la mention "Breaking point" (Point de rupture).

Le meurtre de Jo Cox instrumentalisé par Cameron, accuse Farage
Ignorant les critiques, Nigel Farage a accusé le Premier ministre et le camp du maintien d'instrumentaliser le meurtre de la députée pro-UE Jo Cox, sauvagement tuée à coups de couteau et par balles jeudi dans sa circonscription du nord de l'Angleterre.

Des appels sont également venus de l'étranger pour appeler les Britanniques à refuser un Brexit.

Hollande appelle au maintien dans l'UE
Le président français François Hollande a souhaité que la réponse des électeurs britanniques soit "la plus confiante dans l'avenir de l'Europe". "Le Royaume-Uni est en Europe, le Royaume-Uni fait partie de l'Europe, le Royaume-Uni porte les valeurs de l'Europe", a-t-il insisté.

Une trentaine de grandes entreprises françaises parmi lesquels Air France-KLM, Bouygues et Michelin ont publié dans la presse britannique une déclaration d'amour à l'intention du Royaume-Uni pour qu'il "reste" dans l'UE.

Soutien d'un milliardaire asiatique
A Hong-Kong, Li Ka-shing, l'un des hommes les plus riches d'Asie et détenteurs d'énormes investissements en Grande-Bretagne, a jugé que le pays devait rester dans l'UE, estimant qu'un Brexit aurait "un impact négatif sur l'Europe toute entière".

Le ministre espagnol de l'Économie Luis de Guindos a quant à lui estimé lundi soir que l'organisation du référendum avait été une "erreur" ayant ouvert une "boîte de Pandore".

"Je suis convaincu que le Brexit ne va pas l'emporter" mais, "de grâce, ne nous mettons pas dans cette situation une nouvelle fois", a-t-il ajouté, craignant la montée rapide du "populisme" en Europe.

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