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Enock Nsubuga, présumé coupable du meurtre de David Kato © afp

Le crime homophobe ougandais mis en doute

Suite de l'affaire David Kato : selon la police ougandaise, les confessions du suspect Enock Nsubuga écarteraient la piste du crime homophobe.

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Le militant gay ougandais David Kato avait été retrouvé mort chez lui peu de temps après sa victoire au procès l'opposant à un journal local accusé d'incitation à la violence envers la communauté homosexuelle nationale.

Hier, non loin des lieux du crime, la police a procédé à l'arrestation d'Enock Nsubuga. D'après les résultats de l'interrogatoire, le crime ne serait en rien lié aux slogans homophobes pourtant très répandus dans la région. Selon le porte-parole de la police, Vincent Ssetake, il ne s'agirait ni d'un crime homophobe ni d'un acte lié aux activités militantes de David Kato. "Un désaccord d'ordre personnel, voilà tout, mais je ne peux pas vous en dire plus", a-t-il ensuite ajouté lors d'une déclaration à l'agence de presse Reuters.

Peu de temps après les faits, la police avait rapidement évoqué la piste du vol avec violence et ces conclusions précipitées avaient suscité les craintes de l'entourage de la victime quant à une nouvelle tentative de diversion de la part du gouvernement. Au sein de la communauté homosexuelle ougandaise, les thèses officielles laissent perplexe et le scepticisme demeure.

Le crime avait été fermement condamné à travers le monde et Barack Obama avait même vivement encouragé le gouvernement ougandais et les forces de l'ordre à mener l'enquête de manière impartiale.

David Kato était l'un des rares militants de la cause homosexuelle en Ouganda et l'un des plus fervents opposants à la loi anti-homosexualité récemment proposée au Parlement. La loi, d'inspiration évangélique, revendique l'application de la peine de prison à perpétuité pour les personnes coupables d'homosexualité ainsi que la peine de mort pour les récidivistes. Depuis que la proposition de loi a été déposée en 2009, le clergé ougandais et les principaux dirigeants nationaux, dont le président Yoweri Museveni, n'ont cessé d'inciter la population à la discrimination de la communauté, n'hésitant par à répandre des messages de haine à leur encontre. David Kato devint vite la cible de cette animosité encouragée par l'Etat. En octobre 2010, sa photo était publiée en première page de Rolling Stone, un journal local appelant le peuple à en finir avec lui.

Peu de temps après la découverte du corps inanimé de la victime, la police a procédé à l'arrestation de son chauffeur avant de se rétracter et interpeler le suspect actuel, Enock Nsubuga. Selon les témoignages, ce dernier travaillait comme domestique au domicile de David Kato après avoir purgé une peine de prison.

A.F.

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