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Le détenu retranché arrêté vivant: il voulait "venger" Cherif Chekatt

UpdateLe détenu radicalisé qui a poignardé mardi matin deux surveillants à la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe (Orne), et sa compagne avec qui il s'était retranché dans une unité de vie familiale, ont été neutralisés mardi par le RAID. L'assaillant a été blessé lors de l'intervention. Sa compagne n'a pas survécu à ses blessures.

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Nicole Belloubet © afp
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"Le détenu et sa compagne ont été interpellés par le RAID", a annoncé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner sur Twitter. Ils ont été blessés lors de l'opération, ont indiqué des sources concordantes. La femme du détenu, probablement enceinte, a finalement succombé à ses blessures.

"Venger" Chérif Chekatt
Le détenu qui a grièvement blessé deux surveillants à la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne) a affirmé "vouloir venger" l'auteur de l'attentat du marché de Noël de Strasbourg, a annoncé mardi soir le procureur de la République de Paris.

"Allah Akbar"
"Il est ressorti très vite des premiers témoignages que le détenu, en se jetant sur les surveillants pénitentiaires avait crié Allah Akbar, qu'il disait vouloir venger Chérif Chekatt, l'individu mis en cause dans l'attentat commis à Strasbourg le 12 décembre 2018", a indiqué Rémy Heitz lors d'un point-presse sur place.

"Trois gardes à vue"
"Trois gardes à vue sont pour le moment en cours", a encore précisé le procureur de la République de Paris. La garde à vue du détenu, Michaël Chiolo, n'a pas formellement débuté, celui-ci ayant été hospitalisé après avoir été légèrement blessé dans l'assaut des policiers du Raid, a précisé une source proche de l'enquête. Sa compagne est décédée des suites de ses blessures.

Retranchés pendant 10h
Michaël Chiolo, 27 ans, était retranché depuis près de dix heures dans l'unité de vie familiale de la prison avec sa compagne qui a également été appréhendée à l'issue de l'assaut donné par les forces d'élites de la police nationale. Le RAID avait lancé l'assaut contre le centre pénitentiaire vers 18h40. De nombreuses détonations étaient entendues sur place par des journalistes de l'AFP.

"Attaque terroriste"
L'attaque, qui s'est produite en début de matinée, avait été qualifiée de "terroriste" dès la mi-journée par la ministre de la Justice Nicole Belloubet. Le parquet antiterroriste de Paris s'est immédiatement saisi du dossier et les équipes régionales d'intervention et de sécurité (Eris) de Rennes et le RAID, unité d'élite de la police nationale, avaient été dépêchés au centre pénitentiaire. Le procureur de la République de Paris Rémy Heitz, dont dépend le parquet antiterroriste, était sur place. Mme Belloubet est arrivée dans la soirée à Alençon, où elle a rendu visite aux surveillants blessés avant de se rendre à la prison.

Rappel des faits
Les faits se sont déroulés mardi, vers 09H45, quand le détenu a attaqué les deux surveillants avec un couteau en céramique, selon l'administration pénitentiaire. Les surveillants ont été grièvement blessés au visage et au thorax, selon une source policière. Âgés d'une trentaine d'années, ils ont été hospitalisés mais leurs jours ne sont pas en danger, a précisé Alassanne Sall, délégué FO de la prison, ajoutant que le détenu avait dit "Allah Akbar" en agressant les surveillants.

État des agents blessés
D'après Philippe Devique (Ufap), l'un des surveillants, blessé au thorax, "est sorti du bloc opératoire et est maintenant en convalescence, sous le choc à la fois de l'opération et de l'agression sauvage". Quant au deuxième, "il est assez gravement blessé au visage et psychologiquement très perturbé".

"Radicalisé en prison"
Détenu de droit commun, Michaël Chiolo, 27 ans, qui purge une peine de 30 ans, est considéré comme "radicalisé en prison", selon une source policière. Il n'était cependant pas détenu dans le quartier pour radicalisés ouvert en septembre, d'après FO. "Je crois savoir que c'est un individu qui était fiché", a précisé la ministre de la Justice. Selon des sources syndicales pénitentiaires, le détenu aurait dit avoir une ceinture d'explosifs, ce qui n'a été confirmé ni par les sources policières ni par l'administration pénitentiaire.

"Un couteau en céramique"
Le couteau qui a servi à l'agression "aurait pu lui être apporté par sa femme", a ajouté la ministre. "Il semblerait que sur le coup de 09h45, lorsque nos deux collègues sont intervenus pour mettre fin à l'UVF, le détenu et sa conjointe ont agressé les surveillants avec chacun un couteau en céramique", a dit M. Devique. Interrogé sur la détention d'un couteau dans cette prison de haute sécurité, Philippe Devique a estimé qu'il était "très difficile à détecter". "Vous avez des portiques de détection mais la céramique ça ne sonne pas à moins de faire une fouille à corps de la personne extérieure. On n'a pas le droit de fouiller les personnes extérieures comme ça", a-t-il dit.

Unité de vie familiale
Quatre unités de vie familiale (UVF), avec entrée par une cour végétalisée et salle de séjour aménagée, ont été conçues dans cette prison de haute sécurité pour permettre aux familles de se retrouver plus longtemps et dans un cadre plus chaleureux qu'au parloir. "C'est vraiment une tentative d'assassinat. Il y avait du sang partout. L'unité de vie familiale était un champ de bataille", avait expliqué M. Sall.

Converti à l'islam
Converti à l'islam en 2010, le détenu purge une peine de réclusion criminelle pour arrestation, enlèvement, séquestration suivie de mort et vol avec arme, et d'un an d'emprisonnement pour apologie publique d'acte de terrorisme. Il est libérable en 2038. En novembre 2015, alors qu'il était déjà incarcéré à Mulhouse dans l'attente de son jugement en appel, Michaël Chiolo avait été condamné à un an de prison ferme pour avoir demandé à ses codétenus de "rejouer" l'attaque du Bataclan dans la cour de la maison d'arrêt.

Établissement ultra-sécurisé
La maison centrale de Condé-sur-Sarthe, "l'un des deux établissements français les plus sécuritaires", accueille 110 détenus pour 195 places, selon la ministre de la Justice, qui a réclamé une "inspection" sur l'attaque de mardi. Cette agression intervient dans un contexte de climat social tendu dans les prisons françaises. Des surveillants ont aussitôt débrayé mardi devant des établissements et un appel a été lancé par des syndicats pour une mobilisation nationale dès mercredi.

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