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Le dossier Chantal Sébire "définitivement clos"

Le parquet de Dijon a classé sans suite l'enquête pour "provocation au suicide" ouverte après le décès de Chantal Sébire, une mère de famille de 52 ans atteinte d'une tumeur incurable et qui demandait l'euthanasie, a annoncé lundi à l'AFP le procureur de la République.

"J'ai définitivement clos aujourd'hui le dossier de Chantal Sébire et classé sans suite pour auteur inconnu, l'enquête ouverte en juin (2008) du chef de provocation au suicide" a déclaré Jean-Pierre Alacchi, procureur de Dijon. Selon lui "les nombreuses investigations n'ont en effet rien apporté, aucune personne - membres de la famille, auxiliaire de vie, médecin de famille et avocat de Mme Sébire - et aucun laboratoire n'a pu être mis en cause".

D'autre part "la disparition" dans les locaux de l'hôpital de Dijon - "de quinze des vingt scellés du dossier, constatée en avril 2008, et dont le caractère intentionnel n'a pu être démontré", a nui au bon déroulement de l'enquête, a poursuivi le procureur de Dijon. Chantal Sébire souffrait d'une tumeur douloureuse qui lui déformait cruellement le visage, et avait sollicité en vain de la justice le droit de recourir à l'euthanasie.

Son calvaire, largement médiatisé, avait suscité une forte émotion dans l'opinion publique et suscité un débat intense en France qui avait conduit le gouvernement à charger le député UMP Jean Leonetti d'une mission afin d'évaluer la loi de 2005 sur la fin de vie. Dans sa conclusion, la mission avait refusé de "reconnaître un droit à la mort" et proposé des aménagements visant à améliorer la fin de vie, tels que des congés payés d'accompagnement ou une meilleure formation des médecins aux soins palliatifs.

Chantal Sébire avait été retrouvée morte à son domicile de Plombières (Côte-d'Or) le 19 mars 2008, après avoir absorbé une "dose mortelle" de barbiturique, accréditant la thèse d'un suicide. (afp)