Le FLNC-UC menace des élus corses

L'une des principales organisations indépendantistes clandestines corses, le FLNC-Union des combattants, a adressé lundi une menace à l'exécutif de la Collectivité territoriale corse, accusé de "mainmise affairiste et spéculative" via le futur Plan d'aménagement de l'île.

"La rédaction de ce Padduc (Plan d'aménagement et de développement durable de la Corse) met en évidence la satisfaction d'intérêts particuliers de quelques élus appartenant à (cet) exécutif", affirme le FLNC-UC dans un communiqué authentifié qui, sans précision, menace: "Cet exécutif est à combattre et à abattre". Principale cible du FLNC-UC, le Padduc, élaboré par le Conseil exécutif de la CTC dominée par la majorité UMP et bientôt examiné par l'Assemblée de Corse, est accusé de faire la part belle à l'économie résidentielle.

"Il a pour objectif de livrer la terre corse à la vente et au capital prédateur. (...) (Sa) conception est une tromperie intellectuelle et politique", estime l'organisation clandestine. Réagissant à ces menaces, le président UMP de l'Assemblée de Corse, Camille de Rocca Serra, les a jugées "affligeantes pour la Corse et pour la démocratie". "J'ai toujours privilégié la confrontation des idées à l'affrontement des hommes", a-t-il souligné. Depuis l'été dernier, le Padduc est accusé, tant par les défenseurs de l'environnement que par les indépendantistes, de faire la part belle à une économie reposant sur la création de résidences secondaires et de rendre constructibles des terrains appartenant aux élus qui ont rédigé le projet.

Comme les élus indépendantistes, le FLNC-UC estime que la Corse - qui connaît un afflux record d'installations de continentaux en quête de soleil - est victime d'une "colonisation de peuplement" visant à rendre ses habitants "minoritaires sur leur propre terre". Selon les données fournies par l'INSEE vendredi à l'occasion de la publication de son recensement de la population française, celle de la Corse a augmenté de 13%, soit 33.922 nouveaux habitants, entre 1999 et 2006.

Pour tenter d'enrayer cet afflux de population, les indépendantistes du mouvement Corsica Nazione Indipendente (CNI) ont déposé à l'Assemblée de Corse une proposition imposant un délai de dix ans de résidence en Corse avant de pouvoir s'y installer. Sur les quatorze attentats et "actions de commando" que le FLNC-UC a également revendiqués lundi dans son communiqué envoyé à la radio France Bleu Frequenza Mora, le mouvement clandestin armé en a classé dix - neuf contre des villas et un contre une entreprise de Corte - dans une catégorie "actions colonisation de peuplement".

Parmi ces attentats, deux "opérations commandos" ont ciblé les propriétaires de villas proches d'Ajaccio, ligotés et abandonnés dans le maquis pendant que des engins explosifs étaient déposés dans les demeures. Le FLNC-UC et le FLNC-22 octobre sont les deux principaux groupes armés clandestins corses dont il est difficile d'évaluer les forces. Le FLNC-UC est considéré comme l'héritier du Canal historique, tendance "dure" issue d'une scission en 1990 du FLNC, tandis que le FLNC-22 octobre" est formé de dissidents du FLNC-UC et d'anciens du Canal habituel, autre tendance issue de l'éclatement du FLNC. (belga/th)

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