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Le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez. © EPA

Le gouvernement espagnol se prépare à répondre aux violences en Catalogne

Le gouvernement espagnol préparait sa réponse mercredi aux scènes de guérilla urbaine sans précédent qui ont marqué dans la nuit de nouvelles manifestations à Barcelone et en Catalogne contre la condamnation des dirigeants indépendantistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017.

Au même moment dans la riche région du nord-est du pays, la mobilisation se poursuivait, avec des marches parties de cinq villes pour converger vendredi à Barcelone, jour de "grève générale" et de manifestation massive.

De nouveaux rassemblements sont aussi prévus dans la soirée, notamment à Barcelone.

Après avoir dénoncé dans la nuit la "violence généralisée" à Barcelone et dans d'autres villes de Catalogne, le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a convoqué les chefs des principaux partis espagnols pour les consulter sur la réponse à donner.

“Aucun scénario écarté”

Selon ses services, M. Sanchez, qui a déjà évoqué la possibilité de suspendre l'autonomie de la région comme la droite l'avait fait en 2017, "n'écarte aucun scénario". À l'issue de sa rencontre avec le socialiste, le chef de l'opposition de droite Pablo Casado (Parti Populaire) a réclamé l'application de mesures exceptionnelles pour garantir la sécurité.

À moins d'un mois des prochaines élections législatives du 10 novembre, les quatrièmes en quatre ans, la Catalogne s'impose de nouveau comme le thème central du débat politique dans le pays. Ces tensions pourraient même impacter le "Clasico", rencontre entre le FC Barcelone et le Real Madrid visionnée sur toute la planète. La Ligue de football a demandé à ce que le match puisse se jouer à Madrid le 26 octobre, et non à Barcelone comme prévu.

Barricades en flammes, policiers chargeant, manifestants casqués ou masqués: les images des violences vécues dans la nuit dans un quartier central et chic de Barcelone s'étalent mercredi à la Une des principaux quotidiens. Des centaines de militants ont affronté les forces de l'ordre après une manifestation ayant réuni 40.000 personnes dans la grande métropole catalane. Des troubles ont aussi eu lieu à Gérone, Tarragone ou Lérida.

Lundi déjà, des heurts violents avaient eu lieu lors du blocage de l'aéroport de Barcelone par plus de 10.000 manifestants, juste après la condamnation par la Cour Suprême de neuf indépendantistes, dont l'ancien numéro deux du gouvernement régional Oriol Junqueras, à des peines allant de neuf à 13 ans de prison.

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De violentes manifestation se sont déroulées durant la nuit de mardi à mercredi à Barcelone. © EPA

125 blessés 

Selon le ministère de l'Intérieur, 51 personnes ont été arrêtées en Catalogne après les violences de mardi qui ont fait 125 blessés, selon les services d'urgence.

Au troisième jour des manifestations contre la sentence de la Cour suprême, des milliers de personnes ont entamé des "marches de la liberté" devant arriver vendredi à Barcelone.

"C'est une grande démonstration de force. Nous ne devons pas nous arrêter", a dit à l'AFP Jordi Soler, étudiant de 25 ans, parti du bastion indépendantiste de Gérone sac sur le dos.

Cette manifestation "est très pacifique et c'est bien (...) même si des fois, il faut être plus dur", a-t-il ajouté en référence aux violences de la veille.

En signe de soutien, le président indépendantiste catalan Quim Torra a participé à la marche partie de Gérone. Dénonçant une sentence qualifiée de "farce", il a évité de condamner les violences.

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"Un chemin sans retour" 

Nées de la frustration d'une partie du mouvement indépendantiste, deux ans après l'échec de la tentative de sécession, ces batailles de rue ont marqué un tournant pour le mouvement séparatiste qui se targue d'être non-violent.

Sur la façade d'une boutique de montres de luxe de Barcelone, un graffiti "Torra, traître" montrait la rupture entre les militants les plus radicaux et le gouvernement régional séparatiste.

"Nous avons pris un chemin sans retour", ont indiqué dans un communiqué les Comités de Défense de la République (CDR), adeptes des actions coup de poing. "Ne tombons pas dans le piège de ceux qui veulent nous démobiliser", ont-ils ajouté, en appelant le gouvernement régional séparatiste à "faire un pas en avant en rompant avec l'État espagnol".

Le gouvernement catalan a appelé au calme pour éviter la réaction de Madrid. "Ne leur offrons pas ce qu'ils veulent", a dit son numéro deux Pere Aragones en appelant les militants à se tenir à l'écart des violences.