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Le maire de Lampedusa inculpé pour incitation à la haine raciale

Selon le quotidien La Repubblica, le maire de la petite île italienne, "célèbre" pour ses débarquements réguliers de réfugiés clandestins, serait sous le coup d'une enquête menée par le parquet d'Agrigente (Sicile).

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L'île de Lampedusa, 20 km², 6000 habitants, est le point le plus au sud du territoire italien. Elle possède ainsi la particularité d'être plus proche de la Tunisie et de l'Afrique que de son propre pays. Refuge idolâtré, jadis, par la jet-set milanaise pour la pureté de ses plages et la préservation de son patrimoine naturel, l'île fait aujourd'hui plus souvent l'actualité pour les débarquements réguliers de demandeurs d'asile en provenance des côtes africaines. Une tendance logiquement revue à la hausse dernièrement suite aux révolutions tunisienne et égyptienne.

Le Procureur de la République d'Agrigente a ouvert une enquête sur Bernadino De Rubeis, maire de l'île, pour les délits présumés d'incitation à la haine raciale et d'abus de pouvoir. Le principal responsable politique du territoire aurait, en effet, signé une ordonnance interdisant le recours à la mendicité, tout "comportement indécent" et l'utilisation de l'espace public comme lieux de bivouac ou d'aisance.

Une mesure peu surprenante à première vue ...si elle ne visait pas exclusivement les 500 Tunisiens actuellement présents sur le territoire dans l'attente d'un transfèrement.

Le maire de Lampedusa a rejeté en masse les accusations de racisme: "Des ordonnances comme celles-ci, il en existe des centaines en Italie. Le racisme n'a rien à voir là-dedans, c'est une simple question de bons sens. L'ordonnance ne mentionne d'ailleurs rien en rapport direct avec les immigrés". Il a, en outre, confié attendre les conclusions de l'enquête avec sérénité.

A.F.