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An European flag is seen on the desk of a Member of the European Parliament ahead of the start of a debate at the European Parliament in Strasbourg, France, September 17, 2019. REUTERS/Vincent Kessler © REUTERS

Le Parlement européen prie deux anciens élus français de rendre l’argent

Le Parlement européen a sommé deux anciens eurodéputés du MoDem, parti français du centre, de lui rembourser plusieurs milliers d’euros dans le cadre d’une procédure administrative sur l’emploi présumé fictif de leurs assistants, a appris mercredi l’AFP de sources concordantes. Il s'agit de Jean-Luc Bennhamias et Nathalie Griesbeck.

Le premier, ancien des Verts élu sous l’étiquette du MoDem entre 2009 et 2014, devra rembourser environ 45.000 euros, pour l’emploi de deux assistants à temps partiel, a indiqué une source proche du dossier, une somme qu’il a commencé à payer.

Quant à Mme Griesbeck, eurodéputée centriste de 2004 à 2019, elle devra payer “environ 100.000 euros”, a affirmé une deuxième source.

Ces demandes font suite à des procédures administratives menées par le Parlement européen dans le cadre de l’affaire des emplois présumés fictifs des assistants de plusieurs eurodéputés MoDem. 

Cette affaire fait par ailleurs l’objet de deux enquêtes distinctes: l’une de l’Office européen de lutte antifraude (Olaf), l’autre de la justice française.

L’éphémère candidate de la France à la Commission européenne, Sylvie Goulard, eurodéputée MoDem de 2009 à 2017, avait déjà accepté de rembourser 45.000 euros dans le cadre d’une procédure similaire. La somme correspondait à huit mois de salaire d’un de ses assistants, pour lequel elle n’avait pas pu fournir “de preuve de travail”.

Les procédures du Parlement concernant Marielle de Sarnez, députée européenne de 1999 à 2017 et numéro deux du parti centriste, et Robert Rochefort, élu de 2009 à 2019, sont toujours en cours, a-t-on appris d’une troisième source. Selon cette même source, les conclusions de l’Olaf dans cette affaire ne sont “pas attendues avant 2020".

Dans le cadre de l’enquête judiciaire française, les juges d’instruction ont récemment décidé de convoquer plusieurs responsables du parti, dont François Bayrou, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard, en vue de leur mise en examen.

Selon des sources proches du dossier, une quinzaine de personnes au total (dont des eurodéputés, des assistants parlementaires et des cadres du parti) ont été convoquées par les juges. Le président du Modem François Bayrou doit notamment être entendu le 6 décembre, a précisé à l'AFP l'une de ces sources.
L’ancien ministre centriste, qui s’est rallié à Emmanuel Macron pendant la campagne de l’élection présidentielle de 2017, a été député européen de 1999 à 2002.