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Le Pen sur l'immigration: "Le virus Ebola peut régler ça en trois mois"

La sortie de Jean-Marie Le Pen sur l'immigration lors d'un cocktail de presse ce mardi 20 mai n'est pas sans choquer. Le président d'honneur du Front National y a, en effet, déclaré que le virus mortel Ebola "pourrait régler cela en trois mois".

Le père de Marine Le Pen s'exprimait sur "l'explosion démographique" dans le monde, selon deux journalistes de l'AFP qui ont assisté à cette conversation au cours de laquelle il expliquait aux journalistes la teneur de son discours prévu plus tard ce mardi soir à Marseille.

"Ils ont des yeux et ne voient pas. Ils ont des oreilles et n'entendent pas", a-t-il déclaré en accablant les responsables européens à propos de l'immigration. Et lorsque Marc-Etienne Lansade, le maire (FN) de Cogolin, lui lance: "Il n'est jamais trop tard". Jean-Marie Le Pen lui répond: "Il n'est jamais trop tard, mais il est bien trop tard quand même", avant de balancer: "Monseigneur Ebola peut régler ça en trois mois".

Des propos dénoncés dans la presse française ce matin qui scandalisent de nombreux internautes sur les réseaux sociaux.

Remplacement des populations
Lors de son discours après le cocktail de presse, le président d'honneur du FN Jean-Marie Le Pen a dit craindre mardi soir lors d'une réunion publique à Marseille consacrée aux européennes un "remplacement des populations" françaises par celles issues de l'immigration.

"Dans notre pays et dans toute l'Europe, nous avons connu un phénomène cataclysmique : l'invasion migratoire dont nous ne connaissons mes chers amis aujourd'hui que le début du commencement", a lancé, très acclamé, le candidat aux européennes dans la circonscription Sud-Est au Palais de l'Europe du Parc Chanot devant environ 1.500 personnes.

"Cette immigration massive risque de produire un véritable remplacement des populations si nous n'arrivons pas assez tôt au pouvoir pour mettre un terme à la politique de décadence menée depuis des décennies", a-t-il prédit.

Cette immigration "est le fruit de l'explosion démographique et du fait que dans le même temps, la production des biens n'a pas connu la même courbe. On gagne 20 euros par mois au Népal, 40 euros au Bangladesh, 100 millions d'habitants vivent avec un dollar par jour dans le triangle du delta du Nil" en Egypte. "Il y a 735 millions d'habitants en Europe. En face, il y en a 7 milliards", a-t-il encore compté.

D'après celui qui a été élu député pour la première fois à l'Assemblée nationale en 1956, "l'Europe n'est plus qu'un radeau de la méduse dans lequel nous avons de l'eau jusqu'à la poitrine". "Le problème qui nous est posé est extraordinairement difficile. Il nécessitera le sursaut de tout un peuple, la volonté de se défendre et de défendre notre liberté, notre vie et celle de nos enfants et de nos petits-enfants", a lancé, martial, M. Le Pen.

Ce "phénomène d'immigration massive est aggravé chez nous par un fait religieux : une grande partie de ces immigrés sont des musulmans, une religion qui a une vocation conquérante, d'autant plus conquérante qu'elle se sent forte et qu'ils se sentent nombreux. Elle va jusqu'à conquérir jusque dans nos propres rangs --pas au FN mais en France-- de nombreux et nouveaux fidèles".

"Cette immigration pèse d'un poids écrasant sur notre économie et notre société. L'immigration ne rapporte pas 20 milliards par an, elle coûte 100 milliards par an", a-t-il accusé.

Cette question de l'immigration a été "encore aggravée par la mise en oeuvre d'une fausse bonne idée, une erreur tragique, qui a été la volonté absurde et l'avenir le démontrera, criminelle, de créer des Etats-Unis d'Europe (...). Votre président d'honneur s'honore d'avoir eu la lucidité en 1957 de voter au Parlement français contre le traité de Rome", s'est-il félicité.