Les conditions d'abattage d'anciens chevaux de course dévoilées par L214

VideoDans sa nouvelle enquête sur les abattoirs, l'association L214 s'est intéressée au triste sort réservé aux chevaux de course jugés "inaptes".

Après les conditions d'abattage de chèvres, de cochons et de vaches, L214 s'est penchée sur les méthodes utilisées par un établissement du Jura pour mettre à mort des équidés de course à la retraite.

Diffusées par Konbini News, les images de l'association sont saisissantes: on y voit les conditions dans lesquelles ils vivent leurs derniers moments.  "Terrorisés", les chevaux sont pendus par les sabots, recouverts de sang, et sans cesse étourdis par des bâtons électriques.

Des images en parfaite conformité avec la réglementation
Si les scènes peuvent choquer, elles sont pourtant tout à fait conformes avec la réglementation sur "la protection des animaux au moment de leur mise à mort". L'établissement respecte une "cadence d'abattage modérée", mais selon l'association, "la question de la conformité à la réglementation n'est pas le cœur du problème. C'est la question même de tuer les animaux et la violence qui en découle qui est choquante."

13.000 chevaux ont été abattus en France en 2016, dont plus de la moitié étaient de jeunes équidés de courses non sélectionnés, des chevaux blessés ou en fin de carrière. Les fédérations de courses France Galop et Le Trot sont formelles: tout est mis en œuvre pour "assurer, tout au long de la vie des chevaux, les soins nécessaires, leur mort devant advenir dans des conditions décentes lorsqu'il n'existe pas de thérapies efficaces ou économiquement supportables."

De son côté, l'association de défense des droits des animaux demande au président de la République d'appliquer une politique "volontariste et ambitieuse afin de réduire d'au moins 25% d'ici 2025 le nombre d'animaux tués dans les abattoirs français."

Le monde des courses interpellé

La Fondation 30 Millions d'amis a interpellé le monde des courses après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo de l'association L214, tournée dans un abattoir de chevaux, dont la moitié sont des galopeurs et des trotteurs.

La Fondation demande jeudi aux dirigeants de France Galop, de la Société Letrot et du PMU, "d'offrir une retraite bien méritée aux chevaux de courses" qui "ont rapporté des gains considérables à leur propriétaire" durant leur carrière. 

"Un certain pourcentage des sommes engendrées par les courses pourrait être affecté à leur retraite bien méritée", écrit Reha Hutin, présidente de la Fondation 30 Millions d'amis, dans ce courrier dont l'AFP a eu copie.

Offrir une retraite aux chevaux
Reha Hutin, qui a recueilli dans la ferme de sa Fondation dans le Cher "800 chevaux sauvés de l'abattoir ou saisis sur décision de justice, à des éleveurs sans scrupules" propose "dans le prolongement de nos actions en faveur des équidés (...) de mettre en place un éventuel partenariat (...) loin de la cruauté des abattoirs qui a tant choqué des millions de personnes". "Je sais que dans votre secteur d'activité, il y a aussi de très belles histoires de personnes qui se soucient de la retraite des équidés et qui seraient très sensibles à un tel projet", ajoute-t-elle.

La Fondation Bardot réitère de son côté son appel aux Français "à ne plus consommer de viande de cheval", et demande "à tous les organismes qui régissent la filière d'organiser la retraite ou la réforme de ses équidés".

"Le 24 juillet dernier, Brigitte Bardot en parlait face à face à Emmanuel Macron. On ne doit plus tolérer que la France soit l'un des rares pays où la 'plus noble conquête' de l'homme finisse à l'abattoir", rappelle-t-elle.

Comportement "conforme"
Pour Sébastien Arsac, cofondateur de L214, "les employés se sont comportés plutôt de façon conforme à la réglementation. Le contrôle de conscience est fait systématiquement" mais "comme ce sont des chevaux, ces images provoquent plus d'émotion que la mort d'un cochon". 

"On donne un nom au cheval. Il a une individualité due à sa proximité avec l'homme. On n'utilise pas le cheval que pour sa viande, on l'utilise dans les centres équestres ou encore les courses", estime-t-il.