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Laszlo Andor © epa

Les Etats de l'UE devraient revoir leurs priorités sociales

UpdateLa Commission européenne a appelé mercredi les Etats membres à "moderniser" leur système de protection sociale pour mieux faire face aux défis posés par la crise qui sévit en Europe, et redéfinir leurs priorités d'investissement au bénéfice du capital humain et de la cohésion sociale.

Face à la montée de la précarité en Europe, au chômage qui atteint des niveaux records et au décrochage d'un nombre grandissant de jeunes en Europe, l'exécutif européen estime que les pays européens doivent revoir leur stratégie sociale et veiller à une efficacité maximale de leurs budgets sociaux, eux aussi sous pression vu la crise.

"Des réformes majeures sont nécessaires au sein des Etats membres pour s'adapter à ces défis qui viennent s'ajouter à d'autres à plus long terme, comme le vieillissement", affirme le commissaire européen en charge des Affaires sociales, Laszlo Andor. "Les investissements sociaux réalisés aujourd'hui éviteront aux Etats membres d'avoir des charges plus élevées demain".

Pour y parvenir, l'exécutif européen formule une série de recommandations. Il invite notamment les gouvernements à investir davantage dans les programmes sociaux au bénéfice des enfants et des jeunes afin d'augmenter leurs chances d'intégration, et briser ainsi les cycles intergénérationnels de pauvreté et d'exclusion sociale.

De plus, estime la Commission, les Etats membres devraient soutenir davantage la prévention des risques de rupture sociale, ce qui permettrait d'éviter des dépenses plus onéreuses a posteriori. Mais aussi simplifier et mieux cibler leurs politiques sociales.

"Certains pays ont de meilleurs résultats sociaux que d'autres alors qu'ils disposent de budgets similaires ou inférieurs", relève notamment l'exécutif européen. Celui-ci rappelle dans la foulée que l'Europe peut aider financièrement les Etats membres dans leur stratégie, notamment via le Fonds social européen dont le budget devrait augmenter de 10% durant les 7 prochaines années.

La crise qui sévit depuis en 2008 a exacerbé les difficultés économiques et sociales. Selon des chiffres livrés par l'exécutif européen, près de 120 millions d'Européens sont menacés de pauvreté ou d'exclusion sociale, soit un Européen sur quatre.

En Belgique, le nombre de ces personnes a gonflé de 75.000 unités entre 2008 et 2011 pour atteindre 2,271 millions de personnes, soit un Belge sur cinq. Le chômage affecte quelque 26 millions d'Européens, soit 10, % de la population active, et même 22,7% auprès des jeunes.

Par ailleurs, 7,5 millions d'Européens âgés de 15 à 24 ans, soit près de 13% de cette catégorie d'âge, n'ont aucune occupation scolaire ou professionnelle. La Belgique se situe juste en dessous de cette moyenne européenne, avec un taux de 12,3% en 2011.

L'Union européenne s'est fixée d'ambitieux objectifs en matière économique et sociale. Repris dans un stratégie dite "UE-2020", ils visent entre autres à faire sensiblement reculer la pauvreté et stimuler l'emploi dans les pays européens d'ici la fin de cette décennie.