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La prestigieuse université d'Oxford, dans le centre-sud de l'Angleterre. © Getty Images/iStockphoto

Les étudiants belges pourront-ils encore partir en Erasmus au Royaume-Uni?

BrexitAlors que le Brexit approche à grands pas, de nombreux étudiants européens craignent de ne plus pouvoir partir en Erasmus de l'autre côté de la Manche. Le programme Erasmus en Grande-Bretagne est-il en danger? La question n’est pour l’instant pas encore tranchée. Mais cela ne devrait plus tarder.

Après plus de trois ans de débats pour le moins houleux, les députés britanniques ont finalement adopté l'accord de Brexit ce mercredi. Le texte doit encore être promulgué ratifié par le Parlement européen, probablement le 29 janvier. Si c’est le cas, le Royaume-Uni sera donc le premier État membre à quitter le club européen fin janvier, après 47 ans de mariage, pour le meilleur et parfois pour le pire. Débutera alors la période de transition au cours de laquelle Britanniques et Européens négocieront leur relation future, notamment en matière commerciale.

Mais les étudiants des deux côtés de la Manche se posent la question de savoir s’ils pourront continuer à profiter du programme Erasmus au Royaume-Uni, ou dans les pays de l’UE en ce qui concerne les jeunes Britanniques. Les étudiants belges doivent-ils faire une croix sur leur projet d’aller étudier quelques mois à Londres, Édimbourg, Cardiff ou Belfast?

Un vote passé inaperçu a semé le doute

Début janvier, un vote mal interprété des députés britanniques a fait craindre le pire aux partisans du programme d’échange universitaire. Le 8 janvier, ils s’étaient prononcés contre un amendement dont l’objectif était de négocier le maintien du pays dans Erasmus+. 

Certains observateurs un peu trop pressés en ont déduit que les Britanniques avaient l’intention de ne plus participer au programme, l’une des plus belles réussites de la construction européenne. Il n’en est rien, comme l’a expliqué le ministre britannique de l’Enseignement supérieur.

Le Royaume-Uni “reste ouvert”

“Le vote de la nuit dernière est un jeu joué par les partis de l’opposition. Il ne met pas fin ou n’empêche pas le Royaume-Uni de continuer à participer à Erasmus après être sorti de l’Union Européenne. Nous restons ouverts à la participation et cela fera partie des négociations avec l’Union Européenne”, a assuré Chris Skidmore sur Twitter.

Quelque 200.000 étudiants britanniques sont partis étudier dans un autre pays de l’UE depuis le lancement d’Erasmus en 1987. Entre 2016 et 2017, environ 32.000 étudiants européens avaient choisi pour destination le Royaume-Uni pour y étudier durant quelques mois. En ce qui concerne la Belgique (francophone), 391 étudiants en Fédération Wallonie-Bruxelles ont traversé la Manche en 2017, contre 236 étudiants anglais qui ont fréquenté les universités bruxelloises et wallonnes la même année.

Valérie Glatigny: “Le Brexit est avant tout une tragédie”

La nouvelle ministre francophone de l’Enseignement supérieur Valérie Glatigny (MR) espère que le programme Erasmus sera maintenu au Royaume-Uni. “Le Brexit est avant tout une tragédie. D’abord pour les jeunes et les jeunes Britanniques en particulier”, a-t-elle souligné à nos confrères de RTL info. “Sur l’intérêt d’une mobilité étudiante, l’intérêt d’un voyage, ce n’est pas seulement découvrir de nouveaux paysages, c’est changer son regard donc adopter de nouveaux yeux. Donc en ce sens, ce serait un ‘loose-loose’”.

Même en cas de no deal sur la question, les étudiants belges pourront toujours aller étudier en Angleterre, en Ecosse, au pays de Galle et en Irlande du Nord. De fait, des échanges sont bien sûr possibles hors du programme Erasmus. “On a déjà des fonds pour les étudiants qui partent hors Europe”, explique à la chaîne privée Dominique Darippe, coordinatrice Erasmus de l’université de Liège. Ces fonds proviennent de la FWB et seront utilisés pour les étudiants qui souhaiteront étudier au Royaume-Uni, même si les Britanniques se retirent d’Erasmus.