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“Les feux de brousse ont toujours existé”: suffisant pour nier le rôle du réchauffement climatique?

Incendies en AustralieLiés à une sécheresse particulièrement grave, les incendies qui frappent l’Australie depuis plusieurs mois sont aggravés par le réchauffement climatique, selon de nombreux observateurs. Un constat contesté par certains climatosceptiques qui assurent que les feux de brousse ont toujours existé au pays, chiffres à l'appui. Un argument suffisant? 

Plus de 10 millions d’hectares sont partis en fumée en Australie depuis le mois d’octobre. Des milliers d’habitations ont été détruites et des millions d’animaux ont péri dans les flammes. Un spectacle de désolation qui émeut le monde entier depuis plusieurs semaines et qui... suscite le débat. La raison? Le rôle joué par le réchauffement climatique dans la catastrophe. 

Un facteur qui ne doit pas être pris en compte, selon des adeptes du climatoscepticisme qui se basent sur des incendies antérieurs pour justifier, en partie, leur position. Exemple parmi d’autres, l’épisode estival de 1974-1975 qui a anéanti plus de 117 millions d’hectares. “Stop à l’hystérie sur l’Australie”, plaide le chirurgien Laurent Alexandre, qui se présente comme “anti-Greta Thunberg”, en comparant les chiffres de l’époque à ceux d'aujourd'hui. 

Un argument infaillible? Pas pour Libération qui explique sur sa plateforme “Checknews” les raisons pour lesquelles les incendies passés et actuels ne sont pas comparables. Les feux qui sévissent en ce moment se singularisent par leur longue durée et par leur arrivée précoce, dès le printemps. Les incendies se sont installés dans plusieurs Etats australiens simultanément.

“Le risque de feux de forêts a augmenté ces dernières années dans de nombreuses régions d’Australie, surtout dans le sud et l’est. Il y a eu, en même temps, un accroissement de la durée de la saison des feux. Le changement climatique, y compris les températures en hausse, contribue à ces changements”, peut-on lire dans le rapport publié en 2018 par l’organisme gouvernemental pour la recherche scientifique (CSIRO). 

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Les causes qui ont provoqué les feux ne sont pas non plus similaires. En 1974, les feux sont survenus dans des régions inhabitées après de fortes pluies, rappelle Libération. Des plantes vertes sans bois ont poussé et ont fait office de combustible dans les prairies. Les incendies actuels sont causés par la sécheresse. 

Autre différence, la localisation. Particulièrement touchée cette année, la Nouvelle-Galles du Sud (NDLR: état du sud-est de l’Australie) connaît des dommages sans précédent.